LE ROI AUGMENTE LES REVENUS DE SON FILS
mille aux questions politiques, il rappela le projet de mariage entre lui-même et la princesse Jeanne, sa tante, mis en avant autrefois par les cortès, leur reprocha énergiquement cette pensée, et, revenant sans transition au premier objet de son discours, ajouta que nul ne saurait Tempêcher de suivre son père en Flandre, Il termina par un trait de naïveté singulière en imposant à cette nombreuse assemblée le plus inviolable secret. On devine si cet ordre fut exécuté*. Philippe, en présence de cette exaltation redoutable, qui se manifestait tantôt par des attentats contre la vie de ses ministres, tantôt par de bizarres discours aux cortès, tantôt par d'inexplicables brutalités et tantôtpardes projets de départ clandestin, craignait sans cesse quelque scandale ou même quelque entreprise. Il s'apercevaitbien qu'il ne fallait pas imputer à une mauvaise nature, mais bien à une maladie mentale évidente, les fantaisies et les fureurs de rinfant. 11 voyait, comme le dira plus tard Ruy Gomez à l'ambassadeur de France, « que le prince estoit encore plus mal composé de son cerveau que de sa personne, et qu'il n'auroit jamais l'entendement bien rassis, ainsi que ses actions le donnoient à connoistre par expérience ^. » Il essaya donc de le prendre par la douceur et de l'apaiser, s'il était possible, par dos concessions bienveillantes. Un instant il lui parut opportun de changer de sys-
1. Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 4 janvier 1567. — Dép. da Tambassadeur génois du 8 janvier; —du baron de Dietrichstein(iet8 janvier) ; du nonce le 7 janvier.