‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 108 sur 199 · Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 5 février · texte numérisé non relu

Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 5 février

tème pour éviter de grands périls. II savait que don Carlos avait souvent besoin d'argent, même pour des dépenses utiles, que plusieurs fois, les années précédentes, le sage don Garcie de Tolède s'était plaint avec raison d'être réduit à une économie trop stricte, parfois même à des emprunts onéreux pour la maison du prince * ; il espéra qu'une générosité inattendue satisferait son fils, et éleva ses revenus de 60,000 à 100,000 écus2. A cette première concession il ajouta bientôt une seconde plus importante encore : il ordonna que les séances des Conseils d'État et de la guerre se tiendraient désormais dans la chambre de son fils ^. Sans doute un grand nombre de ces réunions, celles où se discutaient les résolutions décisives de sa politique mystérieuse, étaient dérobées au prince d'Espagne, dont on ne pouvait immiscer la faible raison dans toutes les affaires intérieures ou étrangères, et surtout qu'il eût été imprudent d'initier aux secrets d'État. Mais le roi se flattait peut-être, par cette confiance apparente, d'amener une diversion heureuse aux préoccupations maladives de l'esprit de son fils, et d'atténuer un peu, par l'usage même, cette étrange impatience de gouverner. Il n'ignorait pas qu'une ambition malencontreuse con-

1 . Le 15 décembre 1563, don Garcie de Tolède écrivait à Fr. d« Eraso, secrétaire du conseil de la guerre : « En esta casa de S. A. no hay un real... y cualquiera socorro que se hace en casa de Nicolao de Grimaldo cuesta dineros, y asi de la falta que hubo el aîio pasado, le henios pagadoen esta ferla quinientos mil maravedis de interese... la necesidad es oxtreraa. » Arch. Sim. Est., leg. 143.

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