PHILIPPE ASSEMBLE DES THÉOLOGIENS
demandé à communier avec une hostie non consacrée I ; il savait, à n'en pouvoir douter, que l'infant méditait une grande entreprise, et, tourmenté d'indicibles angoisses, il avait invoqué solennellement le secours du ciel : « Le 13® du présent, écrit l'ambassadeur de France, j'avois sceu que le roy avoit fait ordonner aux églises et monastères de ceste ville qu'ils feissent prière en toutes les heures cafionielles et aux messes, qu'il pleust à Dieu l'inspirer et conseiller sur certaine délibération et desseing qu'il avoit en son cœur, laquelle chose a donné assés à discourir aux spéculatifs de ceste court*. x> Le nonce, dans sa correspondance, raconte le même fait, en ajoutant qu'après tout, on avoit été généralement peu 'surpris de ces démonstrations pieuses, que ce prince « très religieux avoit coutume d'agir ainsi quand il avoit à exécuter un projet important, et que d'ailleurs nul ne pouvoit s'imaginer qu'il fût question d'événements si graves ^ ».
Dès avant le 17 janvier Philippe II avait réuni son conseil pour délibérer sur ces conjonctures, mais il paraît qu'il assembla également des théologiens pour les consulter sur la conduite qu'il devrait tenir si les soupçons qu'il avait conçus venaient à être justi-
1. Lettre du nonce du 4 février — Dép. de Forquevaulx 19 janvier. — Lettre de l'ambassadeur Vénitien du 11 février 1568. — J'ai raconté plus haut cet épisode (p. 95).