ARRIVEE DU ROI A MADRID
éviter les troubles qui seraient la conséquence d'une indulgence coupable, traça 'le tableau effrayant des dangers, des crimes qui pourraient s'ensuivre, représenta la monarchie ébranlée et les hérétiques profitant de ces désordres pour lever la tète et s'agiter en liberté *. » Il y avait beaucoup de vrai dans ces paroles, et, maintenant même, jugeant les choses à la distance de trois siècles et avec une complète indépendance de doctrines, nous devons reconnaître que rarement souverain s'était trouvé placé dans une plus pénible situation.
Le roi arriva à Madrid, l'esprit troublé par ces questions douloureuses, mais toujours calme en apparence : l'ambassadeur de France, qui le vit le lendemain, lui avait trouvé « aussi bon visage que les autres jours ^ ». Son émotion cependant était grande depuis plusieurs mois qu'il se contenait dans un rôle patient; il savait bien toucher à une crise, mais il attendait et ne voulait rien précipiter avant qu'un commencement d'exécution dans les projets de don Carlos justifiât aux yeux de la cour et de l'Eu-
1. « Hariamal don Gârlos en salir de Espaûa, i:u}S, daria gran ocasion de discurrir sobre el ânimo dcl padre y del liijo y la causa desudiscordia... tomando la voz del padre unos, la del hijo otros, debilitando sus fuerzasy aniraando â sus enemigos paraarmarse y acometer los reynos fïacos porla division... y asi dévia S. M. evitar estes daiîos, peligros, gastos, ofensas de Dios, desobediencias, inquietud de su monarquia y la ocasion de tornar libertad los herejes. » Cabrera, locu cit. — « Alléguant l'exemple du Dauphin fils Je Charles VII, roi de France, parti aussi chez le duc de Bourgogne, il encouragea le roy à s'opposer à ce départ, où il voyait une tentative de rébellion. » Strada, traduit par du Ryer, de l'Académie française.