LETTRE DE LA VILLE DE MURCIË
Toutes les municipalités des villes répondirent à cette circulaire, mais celle de Murcie se signala par l'expression de son dévouement fanatique : « Notre cité, écrivait-elle à Philippe II, a reçu la lettre de Votre Majesté et appris par elle Temprisonneraent du prince d'Espagne. Nous baisons mille fois les pieds de Votre Majesté et la remercions d'avoir bien voulu nous donner avis de cet événement. Nous demeurons convaincus de l'urgence et de la gravité de ses motifs; Votre Majesté a gouverné si heureusement ses États, les a maintenus dans une paix si profonde, y a étendu la religion avec tant de zèle, qu'il est juste de croire que, dans cette circonstance, elle a agi encore conformément au service de Dieu et pour le bien général. Toutefois cette ville ne peut s'empêcher d'exprimer à Votre Majesté combien elle est affligée de ce qu'il se soit produit des faits assez graves pour lui donner un tel souci. Elle ne peut considérer sans attendrissement un roi assez ami du bien de son royaume pour le préférer à toutes choses, jusqu'à mettre en oubli son tendre amour
reynos, entendiendo que para cumplir con la obligacion que como rey y padre tenemos... habemos mandado recoger la persona dol S» principe nuestro hijo en aposento senalado dentro en nuestro palacio, y dado ôrden en lo que à su servicio, trato y vida toca... se debe con razon créer y juzgar que las causas que â ellonos han raovido han sido tan urgentes y précisas, que no los habemos podido excusar, y que noembargante el dolor y sentimiento que con amor de padre deste podréis considerar que habemos tenido y tenemos, habemos querido preferir â la obligacion en que Dios nos puso por lo que toca â estos reynos, sùbditos y vasallos. Y porque â su tiempo y cuando fuese necesario entenderéis mas in particular las dichas causas y razones desta nuestra determinacion, por ahora no hyn mas que advertiros. » De Madrid, 22 de enero 1568.
pour son propre fils. En présence d'une action si belle, nous, sujets de Votre Majesté, n'en sommes que plus obligés à la servir avec reconnaissance ; tel est le désir de cette ville de Murcie, qui s'est toujours montrée si loyale, selon son devoir, dans le service de Votre Majesté ^ » Philippe II aimait ce style humble et flatteur tout ensemble , et il écrivit de sa main, en marge de cette dépêche obséquieuse : « Lettre écrite avec beaucoup de sagesse et de prudence *. » Le vice-roi de Naples et de Sicile, don Parafar de Ribera, duc d'Alcala, reçut une missive analogue à celle destinée aux villes; elle est également écrite dans ce style administratif à la fois précis dans les termes et vague dans les idées, qui était une tradition de la chancellerie espagnole; ici encore,
1. « Esta ciudad de Murcia recibiô la carta de V. M. y viô por ella la determinacion de V. M. cerca del recogimiento de nuestro principe. Besa infinitas veces los pies de V. M. por tan gran merced de darle esta particular cuenta, y queda con entera satisfaccion de que las causas y razones que movieren â V. M. fueron tan graves y tan concernientes al bien pûblico que no se pudieron excusar de otra manera, porque habiendo V. M. gobernado estes sus reynos tan felizmente, sustentando en tanta paz à sus sûbditos y en tan grande aumento de la religion, justo es que se entienda que en este caso tan proprio de V. M. fué el fundamonto tan grave que convinô al servicio de Dios y al bien gênerai de todos hacer esta nueva niudanza. Mas no puede esta ciudad dejar de tener dolor ysentimiento de que hayan sucedido causas tan bastantes que hayan dado â V. M. este nuevo cuidado, y juntamente se enternece mucho de ténor un rey y senor tan justo y amoroso del bien uni versai de sus reynos que le antepusô y por el olvidô el ama. tierno de su propio hijo. Gran raizon hay para que con hecho tan seflalado queden mas obligados los vasallos de V. M. â servir tan gran merced y principalmente esta ciudad que de obligacion y voluntad ha sido tan leal al servicio de V. M. » i6febreroi568. (Cette lettre est citée par Llorentc^ Hist. de lainquisicion, VI.)