LETTRE DE PHILIPPE II AU DUC D'ALBE
sur la question. Deux faits en ressortent avec évidence : d'une part le naturel de don Carlos, que la douleur du père s'abstient de qualifier, sachant bien qu'il est connu diï ducd'Albe; d'autre part, les entreprises du prince qui pouvaient jeter toute la cliré-
partida de aqui, han pasado sus cosas tan adelante y intervenîdo actos tan particulares y de tanta consideracion, y Uegândose â taies méritos, que yo me he ûltimamente determinado de hacer réclusion y encerramiento de su persona, como se ha hecho en su aposento con guarda y servicio particular, y ôrden que no le comuniquen otras personas fuera de las que yo he seûalado o sefialaré. Y aunque la demostracion ha sido muy grande y el término de que he ilegado à usar con él muy estrecho, por lo que vos habeis visto y habeis sabido, podréis bien juzgar con cuanta razon y con cuanto fundamento he venido à tomar esta resolucion que cierto'cuan io yo quisiera pasar por lo que â mi toca y por todas las especies de desacatos y desobediencias, y dissimular con el principe ô â lo menos tomar otro expediente, considerando la obligacion que tengo al servicio de Dios Nuestro Senor, y al bien y bénéficie publiée de la cristiandad y de mis reynos y Estados, teniendo tan présentes les notables inconvenientes y daflos que adelante en cualquier suceso se pudieran seguir, y aun les que de présente corrian y estaban imminentes, prefiriendo este como lo debo preferir â todo lo demas que toque â la carne y sangre, no he podido en ninguna manera excusar de tomar este camino, paresciéndome el derecho y verdadero, para prévenir â todo. Y porque siendo este négocie tan grande y que harâ tan grande estruendo, es juste que se dé parte dél â los desos mis consejos d'Estado y privado, y â los otros tribunales, villas y personas desos Estados à quien â vos os pareciere que se debe y acostumbra dar, he mandado que se os escriba otra carta en francés qpie ira con esta, que la podréis mostrar y usar délia segun viéredes convenir, sin declarar â nadie el fin y fundamento que se tiene y lleva en este négocie, ni venir â otra particularidad mas de lo contenido en la dicha mi carta, lo cual haréis y guiaréis con la prudencia que acostumbrais tratar semejantes négocies y holgarémos mucho que nos aviseis luego de lo que se os ofrece cercadeste para que tante mas acertadamente yo me pueda gobernar y procéder en él. . y si Madama no fueré partida, la podréis dar la carta que va en vuestra creencia, diciéndole este négocie por la forma que se os escribe en francés. De Madrid â 23 de enero 1568. Yo el rey. Zayas. » (Arch. Sim. Est., leg. 539.) — La lettre en français n'est que la paraphrase des missives aux villes et aux grands précédemment citées.
tienté, l'Église et l'État — le cabinet espagnol ne sépare jamais ces deux idées — dans une perturbation générale. C'était bien dans ce sens que les ministres avaient parlé aux ambassadeurs, et l'on voit qu'ils avaient, sans rien p réciser. affirmé simplement la vérité. Si, comme plusieurs écrivains le supposent gratuitement, don Carlos eût été bérétique, ce n'est certes pas dans ces termes que Philippe II aurait écrit. Il n'aurait pas parlé, dans une lettre aussi intime, du caractère et de l'intelligence de son fils, mais bien de ses principes, et avec une tout autre indignation. Il n'avait pas besoin, vis-àvis du duc d'Albe, d'employer des précautions oratoires ; il lui parle sans réserve, on le voit, et lui dit les choses telles qu'elles sont. Ajoutons que Philippe a été injustement accusé d'avoir oublié les sentiments paternels ; s'il ne s'était agi, dit-il luimême, que d'offenses personnelles, il aurait encore pris patience ; mais quoi I il se trouve en face d'une entreprise qui menace la sûreté de l'État et dans le présent et dans l'avenir : ce n'est plus ici le père qui est en cause, c'est le roi. Le père hésite longtemps, mais le roi l'emporte. Le sentiment de son devoir vis-à-vis de ses peuples le domine, et il place la raison d'État au-dessus de toute considération personnelle. Il n'agit pas ici le moins du monde, comme le dit sottement Serenus dans une oraison funèbre écrite en latin, pour « ramener désormais son fils à la vertu * » ; il veut seulement sauvegar-
1. .« Philippum scilicet in dilectissimum filium suum... severiùs