LETTRE DE CHARLES IX
laquelle je luy donnay aussîtost, estimant qu'il me (iust discourir particulièrement sur ce fait, ainsi que la reyne. ma sœur, nous avoit mandé qu'il en avoit charge de son maistre. Mais icelluy ne fist aucun semblant de nous en parler jusques à ce qu'il connus t par quelques propos que je luy en mis en avant que j'avois esté adverti du dict faict, tellement qu'il commença à nous en dire quelque chose; mais ce fust de façon que je connus bien qu'il n'avoit pas grande envie de mordre à la grappe et entrer dedans , car il nous dist seulement que c'estoient choses entre le père et le fils, lesquelles ne passeront oultre et qui estoient bien aisées à apaiser *. » Ces paroles déplurent singulièrement à Catherine : elle chargea Forquevaulx de se plaindre à Philippe II d'un procédé aussi blessant, et déclara ne s'en pouvoir « aucunement contenter 2 » . Elle ajoute : « Il me semble que le dict ambassadeur en faict très mal son debvoir, car la reyne ma fille m'avoit mandé qu'il debvoit m'en parler de la part de son maîstre, et qu'il en étoit chargé bien expressément ; mais au lieu de ce faire il nous en a parlé si froidement que j'en suis très mal satisfaicte et vous prie le faire entendre à la dicte reyne, ma fille. »
Si l'on étudie attentivement les relations diplomatiques des cours de France et d'Espagne à cette époque, on ne sera pas surpris de la conduite de don Francés. Philippe II prétendait rester person-
1. Lettres manuscr. de Charles IX 'et Catherine à Forquevaulx, 13 février i568.