Ibid
rS DON CARLOS ET PHILIPPE II
nellement, vis-à-vis de Charles IX et de Catherine, dans les termes les plus affectueux, mais il voulait avoir auprès de sa belle-mère un agent hostile afin d'effrayer à propos le cabinet du Louvre, de l'isoler quand il le jugerait convenable, et de prévenir toute familiarité entre les deux couronnes. Il se réservait le droit de démentir à volonté don Francés, mais la première impression devait garder beaucoup de sa force dans Tesprit de la reine : en même temps les paroles courtoises dont il la faisait suivre acquéraient une plus grande valeur et maintenaient de bons rapports qu'il voulait toutefois laisser craindre de voir altérer. De là cette tactique dont il usa pendant sept années consécutives, malgré les plaintes réitérées du cabinet du Louvre. Don Francés montrait toujours les dispositions les plus contraires aux désirs de Charles IX, et, parlant d'un ton impérieux, épouvantait la cour soit par la perspective d'une rupture, soit par les marques d'un dédain qui pa- , raissait fondé sur la faiblesse de la France et la puissance de Philippe II. Une fois l'effet produit, le roi l'atténuait, sans le détruire, par des expressions affectueuses qui cependant n'engageaient pas l'avenir. En cette circonstance, il agit de même. Philippe pensa que la conduite de don Francés le prémunissait, assez contre des questions indiscrètes et contre une intervention que la confiance aurait semblé provoquer, et il promit d'écrire à son agent: « qu'il avoit esté fort marry de ce qu'il s'estoit ainsi