‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 159 sur 199 · Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 18 février · texte numérisé non relu

Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 18 février

3. « La mesme royne (Isabelle) n'en peut sçavoh» sinon autant que le roy lui en veult dire. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 26 mars 1568 — « Y la reyna dona Isabel y la princesa dona Juana. pero ni licencia para verle alcanzaron. » Cabrera, VH, iàid

PAPIERS DE LA CASSETTE DV ^iil^CÏÙ 203

saire, si des femmes justement vénérées, connaissant mal l'état du prince ou cédant aux inspirations d'une pitié respectable mais inopportune, venaient solliciter la liberté de don Carlos, donner à la cour le spectacle de leurs larmes, et apporter leur imagination, leurs idées préconçues, leur propre jugement, au milieu d'une affaire d'État.

Tandis que l'Espagne et les nations étrangères apprenaient cet événement, le roi examinait les papiers de son fils, trouvés dans le coffret remis au prieur don Antonio dans la nuit de l'arrestation. Disons d'abord que nous n'avons pas vu le texte authentique de ces diverses pièces : elles ont vraisemblablement été détruites après la mort du prince, et nous n'en avons connaissance que par une dépêche du nonce. Or le nonce avoue lui-même indirectement ne les avoir pas lues, puisque, après son bref résumé, il ajoute : « c'est là tout ce que j'ai pu en apprendre *. » Je sais bien que le manuscrit attribué à Antonio Ferez parle aussi de papiers « qui prouvaient les intelligences de l'infant avec les ennemis de la couronne * » ; mais outre qu'il ne donne pas d'autres détails, j'ai déjà démontré plus haut combien peu d'importance il convient d'attacher à un manuscrit évidemment supposé. Le récit du nonce, beaucoup plus explicite, a sans doute sa valeur; mais

1 . « Questa e la somma di quanto ho poluto intendere délie lettere. » Dépêches manuscr. du nonce, 30 avril 1668.

2. « Los papeles que probaban las inteligencias que conservava con los enemigos de lacorona. » Ms. attribué ù Antonio Perez. B.l. 2502», déjà cité.

quoique ces renseignements s'accordent assez bien avec la cause réelle qui détermina l'arrestation [du prince, je ne les veux donner que sous toutes réserves. C'était là le bruit de la cour : probablement il était exact quant au fond des idées; mais est-il besoin de faire remarquer que les termes et les détails de cet exposé ne sauraient présenter ce caractère de certitude qui appartient seulement aux pièces authentiques? Cela dit, voici la version du nonce : ces papiers, qui devaient être expédiés à qui de droit après le départ du prince, étaient des lettres adressées à diverses personnes. Nous avons indiqué plus haut l'époque probable où elles avaient été écrites, c'est-à-dire les jours qui avaient immédiatement précédé l'arrestation. Il y en avait une pour le roi, une autre pour le pape, une autre encore pour l'Empereur. Don Carlos y avait joint plusieurs circulaires pour les princes catholiques, les vice-rois des différents États de la monarchie espagnole, les grands, les conseils et chancelleries des royaumes de la Péninsule et les principales communes *, Le nonce ne parle point des lettres adressées au pape et à l'Empereur, mais don Carlos, dit-il, rappelait à son père les outrages dont il prétendait avoir été accablé depuis plusieurs années, et déclarait que s'il quittait l'Espagne, c'est qu'il n'en pouvait supporter

1. « Cioè una al re suo padre, una à S. S**, l'altra ail' Imperatore et in somma a tutti' li principi catolici e a quelli d'Italia et alli regni e stati di S. M. e 'à tutti li grandi di Spagna, alli consigli e cancellarie et aile comunità principali. » Dépêches manuscr. du nonce, 26 avril 1568.

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