DISCUSSION DE DIVERSES HYPOTHÈSES
Mais quoi? se demande un historien récent *, ne suffisait-il pas de le séquestrer? Assurément non. Philippe II devait faire régulariser juridiquement rétat de son fils, s'il voulait éviter pour l'avenir des désordres funestes à l'unité de la monarchie. Il fallait délier les Espagnols du serment de fidélité prêté jadis à Tolède; sinon, de droit et de fait, prisonnier ou libre, raisonnable ou insensé, don Carlos demeurait l'héritier du trône, héritier impossible, il est vrai, mais légitime, et prétexte inévitable de discordes. On a vu que dans les lettres rapportées par le nonce, l'infant invoquait et auprès des grands et auprès des villes d'Espagne le respect dû à la foi jurée. Le nonce pensait que sur cette question l'on serait obligé d'en référer à Sa Sainteté, et le connétable de Castille laissait entendre qu'il aurait dû être appelé au conseil où l'arrestation du prince avait été résolue, comme le premier des grands qui lui avaient autrefois prêté serment d'obéissance ^. Ces considérations graves, qui intéressaient à un si
ment, lesquels étaient d'une autre époque et se conservent aujourd'hui dans les archives particulières de S. M. la reine. Gomme on nous avait informé d'ailleurs que le mystérieux procès se trouvait peut-être dans la bibliothèque de l'Escurial, où bien des gens prétendaient qu'il avait été envoyé en 1806,nous l'y avons cherché, mais en vain, et le bibliothécaire actuel n'a pas été plus heureux que nous. » M. Lafuente pense que, s'il y a eu quelque écrit, — ce dont je doute, la mort du prince, survenue peu de temps après, ayant rendu un résumé officiel tout à fait inutile, — il fut brûlé parmi les papiers que Philippe II, dans son testament, chargea don Gristoval de Gastel-Rodrigo, don J. de Idiaquez et don Diego de Yepes, son confesseur, d'anéantir.