‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 163 sur 199 · Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 18 février · texte numérisé non relu

Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 18 février

300 DON CARLOS £T PHiLlPP£ il

haut degré l'avenir de la monarchie, émurent vive" ment Philippe II, et c'est pourquoi il réunit la junte extraordinaire dont j'ai parlé ; mais il ne s'agissait pas d'infliger un châtiment, et un mot de l'ambassadeur de France démontre bien quel sens on doit attacher à la réunion de ce tribunal suprême : c II sera procédé par voie de justice contre le prince d'Espagne, écrit-il à Catherine de Médicis, pour le faire déclarer inhabile à succéder *. » Telle est, je crois, la seule manière saine d'envisager cette procédure : elle a été interrompue, et c'est pourquoi elle a été mal comprise. On l'a reprochée à Philippe II, et cependant, aux yeux de la critique, elle contribue à le disculper d'une formidable accusation. Si, comme plusieurs le supposent gratuitement, il avait désiré ou espéré la lin prochaine de son fils, et surtout si, comme on l'a osé dire, il avait résolu d'attenter aux jours de l'infant, à quoi bon commencer une enquête? Pourquoi l'écarter du trône, si la mort devait trancher la question?

Entrons maintenant, pour ne plus la quitter, dans la prison de don Carlos.

Page 1