DON CARLOS AU SECRET
d'eux n'a légué ses souvenirs à la postérité. Nous en sommes donc réduits , pour la majeure part de ces détails, aux récits de diplomates ou d'historiens qui n'ont pas été témoins des faits et ont appris le peu qu'ils nous transmettent uniquement par les on dit,, les rapports recueillis à la sourdine et les conversations à demi-voix. Un certain nombre de circonstances, toutefois, me paraissent devoir être admises comme tout à fait incontestables, soit parce qu'elles sont analogues aux actes familiers à l'infant, soit parce que l'unanimité des témoignages semblables leur donne •plus d'importance, soit — et malheureusement très peu d'entre elles se trouvent dans cette dernière catégorie — parce que des pièces authentiques en démontrent l'exactitude. Nous n'accepterons rien ici que d'après les règles d'une critique sévère, et nous nous montrerons extrêmement sobre d'affirmations positives : il convient, ce semble, de dire avec l'ambassadeur de France : « Tant de diverses choses s'en racontent que je n'en puis croire le dixiesme *. »
Forquevaulx ne pouvait satisfaire la curiosité de Charles IX comme ce dernier l'eût désiré : « Il est fort difficile, écrit-il à Paris, de sçavoir ce que faict ie prince d'Espaigne, car si hardi et sur la vie (sic) homme qui entre dans sa chambre de rapporter ce qu'il faict et dict. La reyne mesme n'en peut sçavoir sinon autant que le roy, sonmary, luien veultdire^.»