‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 171 sur 199 · Ibid., 26 mars · texte numérisé non relu

Ibid., 26 mars

Il connaît donc seulement les bruits qui circulaient à la cour, et dont l'étude exige la circonspection la plus grande. Essayons de reconstruire sur ces données l'histoire de la captivité de don Carlos.

Il convient d'écarter tout d'abord une bizarre pensée que certains personnages de la cour prêtaient à Philippe II : t Je me suis laissé dire, écrit l'ambassadeur de France, une nouvelle beaucoup moins vraisemblable, c'est que le prince d'Espaigne sera délivré, pourveu qu'il se contente d'espouser la princesse sa tante pour, avec ce moyen, satisfaire au serment des Espaignols qui l'ont juré héritier et successeur de ce royaume, car d'autre part le roy son père sçait bien que ledict prince n'engendrera jamais enfants, et la princesse prendra ceste patience, couvrira ses imperfections mieulx que nulle aultre femme qu'on lui sçauroit donner et le sçaura entretenir en office de bon fils *. » Ce projet, contraire à tous les principes politiques et religieux de Philippe II, est évidemment controuvé, aussi bien que l'historiette de la bague que don Carlos aurait avalée par mégarde, « comme une pilule, » qu'il aurait cherchée « un bon nombre de jours, et rendue à force de médecines le dix-septième jour après *. » Il faut ranger ces récits apocryphes parmi les discours que les courtisans de toutes les époques inventent pour se donner de l'importance.

!• Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 26 mars 1568. î. Ibid.y 26 mars. — Pietro Justiniani, HisU de Venezia^ lo72, p. 107. Dép. de Tambassadeur Vénitien du 24 juillet 1568.

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