mai
o. Dépêches manuscr. du nonce, 4 mai 1568.
pour le jour de Pâques. Ce désir embarrassa vivement le roi et les casuistes de la cour. Don Carlos était notoirement fou : était-il permis de lui administrer Teucharistie ? Dans cette iilcertitude, le roi, selon sa coutume, consulta des théologiens et, après plusieurs conférences, on résolut de satisfaire à la volonté du prince. Les casuistes avaient déclaré que c aux personnes travaillées de l'entendement qui retournent par intervalle en quelque jugement, leur peust estre donné le saint sacrement lors dudict intervalle 4 ». Cette réponse, qui était présente à l'esprit de Philippe II écrivant à Zuûiga, décida la question. Le mercredi de Pâques, la messe fut dite, comme à l'ordinaire, dans la pièce voisine de la chambre du prince : Ruy Gomez, don Juan Borgia, don Gonzalés Chacon y assistaient. Au moment de la communion, le confesseur de l'infant, don Diègue de Chaves, qui officiait, voulut que don Carlos sortît de sa chambre pour venir recevoir l'hostie. Mais l'infant, avec une douceur et une soumission que jamais il n'avait montrées, s'y refusa par respect pour la volonté de son père, et communia à travers le treillis qui séparait sa chambre de la chapelle '. Toutefois, et en dépit de ce calme temporaire, nul homme sérieux à la cour n'espéra voir la fin de sa captivité ; on savait qu'en réalité si les consolations religieuses avaient eu momentanément de l'empire
i. Dépèches manuscr. de Forquevaulx, 8 mai 1K68.
2. Ibid, — Le treillis séparant une chambre d'une autre transformée en chapelle n'avait rien d'insolite dans le palais de Philippe U. Le roi avait fait disposer de la sorte une chapelle dans son propre appartement, et très souvent il entendait la messe derrière la grille.