ELEGIE DE FH. LUIS DE LEON
mort du prince une épitaphe pour sa tombe * et une élégie où il se livre aux plus pompeux éloges. Je cite en entier cette pièce de vers, qui serait complètetement belle, si la pointe, chère aux lettres du temps, n'en défigurait la dernière strophe. La réalité n'a rien à souffrir de ces expressions flatteuses, et le sens général de la pièce ne présente du reste aucun détail historique ; c'est une série de belles oppositions exprimées dans le plus noble style, L'épitaphe, extrêmement obscure, estainsi conçue: « Ci-gisent les dépouilles de Carlos ; la partie la plus noble est retournée au ciel ; la valeur est disparue avec elle, et sur la terre sont restées seules, la crainte dans le cœur, des larmes dans les yeux. » Ces paroles sont suivies d'une cancion ou élégie :
« A la vue du somptueux catafalque élevé jusqu'au ciel, entouré de deuil, resplendissant de mille lumières, si l'on s'arrête à considérer quel est le mort, il sera dès aujourd'hui bien certain que rien en ce monde ne saurait suffire à conjurer le courroux de la mort impitoyable.
« Ni Tâge, ni la grâce, ni l'antique et généreux sang des rois, ni la beauté de la plus glorieuse couronne, ni le cœur énergique, ni les éclatantes marques de vertus rares et hautes, ni un père si grand, ni un si grand aïeul dont la renommée remplit le ciel et la terre I