ELISABETH D'ANGLETERRE ET PHILIPPE
vernement de l'État et jusqu'à sa présence à Londres * ; le souvenir des troubles suscités par la prédominance des opinions politiques et religieuses représentées par Philippe II était présent à son esprit. Décidée à suivre, sans contrôle, une ligne de conduite diamétralement contraire à celle que Marie Tudor avait adoptée, elle ne pouvait envisager soit une lutte de tous les jours contre un époux impérieux dont elle eût obstinément froissé les idées et dédaigné les conseils, soit une intervention volontairement acceptée ou péniblement subie. Mais telle était alors la grandeur de la maison d'Autriche, que la fière Elisabeth n'osait pas refuser ouvertement le fils de Charles-Quint. Repousser brusquement les prétentions du roi d'Espagne, c'était s'exposer à un ressentiment dangereux. Elle n'était pas alors si solidement affermie, si parfaitement assurée du succès de l'œuvre religieuse qu'avec l'aide du parlement elle voulait entreprendre, qu'elle ne tînt à ménager un si puissant adversaire. Elle prit le parti de traîner en longueur, et cependant le parlement adoptait les mesures qui préparaient le rétablissement définitif de la religion réformée. Elisabeth, se sentant plus forte, et comprenant de plus en plus qu'elle pouvait compter sur l'appui de son peuple, montra bientôt au roi d'Espagne une froideur significative, et lui laissa pressentir une réponse qu'elle