ARRIVÉE DE LA REINE EN ESPAGNE
tout disposer pour qu'elle y arrivât peu de temps après lui. Le 3 août, il écrivait de Gand au cardinal archevêque de Burgos, don Fr. de Mendoça, et l'avertissait de se tenir prêt à partir pour aller prochainement à la frontière au-devant d'Isabelle : a J'ai résolu, dit-il, que la reine vienne bientôt dans mes royaumes; et, désirant qu'elle y entre accompagnée comme il est convenable, c'est vous que j'ai choisi pour aller à sa rencontre *. » Le duc de l'Infantado fut également désigné pour cette mission 2, et parmi les dames de la cour, ce fut la comtesse de Uruefia qui fut appelée à l'insigne honneur de présenter la première, à l'entrée du territoire espagnol, son hommage à la jeune souveraine 3.
Isabelle arriva à Bayonne vers la fin de nov3n[iJ)re 1559. Le roi François II et Catherine de Médicis l'avaient conduite jusqu'à Poitiers : à partir de cette ville, elle fut escortée par le roi de Navarre, le cardinal de Bourbon, le prince de la Roche-sur- Yon et Marguerite de l^Marcky comtesse d' Aremberg * ; elle fut
1. « ... He determinado que vaya â estos reynos con brevedad, y para que entre eu ellos con cl acompaûamiento que es razon, os he querido elegir para este efccto. » Lettre de Philippe II à l'archevêque de Burgos. Gand, 3 août 1559. Mss. de l'Escurial. Doc. inéd.
2. « El seûor duque del Infantado creo que tendra. V. S. por companero. » Lettre de Ruy Goinez à l'archevêque de Burgos. 15 août 1559, Valladohd. Môme Ms.
3. «... En Pamplona donde tambien sejuntarâ el duque del Infantado y la condesa de Uruena. » Lettre de Philippe II à l'archevêque de Burgos. 19 octobre, Aranjuez. Même Ms.
4. Mémoires de Marguerite de Valois, p. 152. «... La comtesse d'Aremberg, qui est celle qui avoit eu l'honneur de conduire ma sœur aisnée au roy d'Espaigne son mary. »
reçue à Ronce vaux par les envoyés de Philippe 11, qui ramenèrent à Guadalajara, où s'était rendu le roi d'Espagne. Le 31 janvier 1360, les noces eurent lieu dans le palais du duc de llnfantado^. Don Carlos fut l'un des témoins de son père à cette cérémonie, bien qu'il fût tourmenté par un accès de fièvre ^ , et l'archevêque de Burgos célébra le mariage ^. S'il faut en croire les chroniqueurs, Isabelle, à sa première entrevue avec Philippe II, le considéra longuement avec attention, et le roi, ciioqué de l'insistance de ce regard, lui dit d'une voix sévère : « Que regardez-vous? sij'ai des cheveux blancs ^ ? » Quoi qu'il en soit de cette anecdote, du moins n'est-elle pas invraisemblable. Isabelle n'avait que quinze ans: le roi en avait trente-trois ; la distance d'âge était assez grande pour que Philippe ait craint une réflexion défavorable, et mal interprété ce qui était seulement peut-être la naïve curiosité d'une jeune femme. Quant aux écrivains qui s'amusent à nous représenter l'émotion [mutuelle de don Carlos et de la reine en cette journée solennelle et la passion
i. « En Guadalajara, en 31 dias de el mes de enero de 4560, en las casas de el duque de el Infantado. » Salazar de Mendoçsi, Dignidades scglares, IV, 163. — « Al principio del ano de 1560, celebrd en Guadalajara sus bodas con madama Isabel de Valois. » Golmenares, Hist.de Segoviajdêyk citée. — La reine était en Espagne depuis un mois, mais le mariage avait été retardé à cause de la mort de François II, arrivée le 6 décembre 1559.
2. «... Sicndo el principe don Carlos uno de los padrinos en la boda, nonobstante estar alligido por unas calenturas interpoladas. » Villalobos, Pro6/cma7icoj, etc., Zamora, 1643.
3. «... Y el ministro don Francisco de Mendoça, cardenal obispo de Burgos. » Salazar de Mendoça, loco cit.
4. Brantôme, Mémoires déjà cités. — « Que mirais ? si tengo canas ?» Mss. Bibl. Imp., 2632. Papeles varias.