SINCÉRITÉ DE DON CARLOS
Ces détails suffisent à faire connaître la générosité du prince. Elle était sans doute fréquemment invoquée, et, si toute la série de ses comptes avait été conservée, on en verrait sans doute beaucoup d'autres témoignages. Le dernier trait que j'ai cité montre même que la libéralité entrait en quelque sorte dans son éducation, puisque c'était don Garcie de Tolède qui s'était chargé de faire passer à Pedro ces aumônes, et qui veillait à l'inscription des reçus avec la plus scrupuleuse exactitude.
Une autre qualité de don Carlos, non moins excellente que la première, c'était une parfaite sincérité. L'ambassadeur de France aime à lui rendre cet hommage : « C'est sans artifice ni feinte, dit-il après avoir exposé un sentiment du prince, car il ne sçait feindre ni dissimuler *. » Sur ce point, la réputation de l'infant était faite : « Ce qu'il a sur les lèvres, il Ta dans le cœur *, » ajoute le nonce. Tiepolo, à son tour, le représente comme « ami de la vérité ^ », et un historien du siècle suivant, qui est loin cependant d'être favorable à don Carlos, partage cette opinion généralement reçue en Espagne, et qui avait survécu en dépit des nombreuses calomnies dont le prince fut victime après sa mort *.
On n'a jamais complètement étudié les sentiments religieux de don Carlos. Ceux-ci les passent sous silence; ceux-là, comme Prescott dans le bref et