‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 56 sur 199 · L'évêque de Cueriça était confesseur de Philippe H · texte numérisé non relu

L'évêque de Cueriça était confesseur de Philippe H

2. « Lo que se prétende en este negocio es que se consiga de S. S* la merced que se hizb con el obispo de Guença por mi maestro y que vos lo ti*ateis como cosa mia propia, de manera que se consiga lo que se prétende. Yq el principe. »

3. « Muy Santo Padre, habiendo presentado el rey mi sefior al obispado de Osma Onorato Juan mi maestro, para que V. S.lo provea... le escribo que de mi parte hable â V. S. lo que dél (embajador) oirâ sobre laexpedicion de sus buUas. Muy humildemente suplico â V. S. le mande dar entera fé y creencia en todo lo que cerca destoledijere, y hacer al D« mi maestro la merced y favor y gracia que yo espero de V. S. que la estimaré y recibiré en ello por muy particular dô

Ici encore, à la suite de la missive officielle, don Carlos ajoute, de sa main, les lignes suivantes, dont je conserve les négligences : «Je supplie Votre Sainteté de me faire la igrâce de faire pour mon maître ce qu'elle a fait pour Tévêque de Cuença, à cause de la grande reconnaissance et de raffection que j'ai pour lui *. » Le cardinal Borromée reçut aussi une lettre spéciale et un post-scriptum du prince rédigé* en ces termes : « Cardinal, le plaisir que j'attends de vous e&t de me faire obtenir de Sa Sainteté, pour mon maître, la faveur accordée à l'évêque de Cuença, et je désire la recevoir par votre entremise ^. » .

L'infant ne sollicita pas en vain la cour de Rome. La nomination de l'évêque d'Osma fut confirmée par le pape en mars 1564 ^, et au commencement de l'année suivante. Pie IV, pour mieux faire connaître à don Carlos son affection spéciale,. lui envoya par Venceslas Rangon, son camérier, une épée et un chapeau bénits, suivant l'usage, dans la dernière solennité de Noël *. L'ambition du jeune prince pour

Vuestra Bcatitud, cuya muy santa persona Nuestro Sefior guarde al bueno y prospero regiraiento de su universal Iglesia. » Lettre de don Carlos au pape, 8 octobre 1563. Arch. Sim. Est., leg. 143.

1. « Suplico à V. S. que me haga merced de hacer con mi maestro lo que liizo con el obispo de Cuença por la gran obligacion y amor que lo tong3. Yo el principe. » Ibid,

2. « El placer que vos, ccti'denal, me habéis de hacer es que yo CDnsiga do S. S. la merced que se hizo con el obispo die Cuença para mi maestro, y para esto quiero que vos seais el medio. Yo e principe. » Arch. Sim. Est., leg. 143.

3. Voy. Kircher, Principis christiani Archetypon poUticum^ déjà cilé.

4. « Hûcese cargo â Diego Olarte del estoque y pfleo consagrado que S. S. enviô â S. A. con Venccslao Rangon su camarero, por

MORT D'ONORATO JIAN 104

son maître ne fut pas encore satisfaite, et en vérité on aime voir dans son âme une si belle et si persévérante gratitude. En 1565, le nonce écrivait à Rome : « Le • prince d'Espagne m'a chargé de rappeler au souvenir de Sa Béatitude ce qu'il lui avait demandé, et comme il me parlait avec une grande affabilité, je lui répondis que je le ferais, bien qu'ignorant ce doiit il était question. Son Altesse alors, avec un certain rire qui lui est accoutumé, me dit qu'il n'aurait pas de repos que Sa Sainteté n'eût fait cardinal son maître l'évoque d'Osma *. »

C'était demander un avancement un peu rapide : néanmoins Onorato Juan, si vivement appuyé par son royal élève, eût sans doute obtenu le chapeau s'il eût vécu. Mais il mourut le 30 juillet 1566, deux ans après son élévation à l'épiscopat. Il ne perdit jamais l'affection du jeune prince, qui le considéra toujours comme le meilleur ami de son âme ^ et qui se plaisait souvent à lui écrire. Il nous' reste quelques-uns de ces billets, d'un pauvre style, il est

hebroro del afio pasado de 1565. » Arcb. Sim. Contad. gen., 1» ép., leg. 1056.

1. « Il principe di Spagna mi disse que io scrivessi a Sua Bealitudine che si ricordasse et li concedesse quello ch'egli l'havea dimandato et perché stava con gran pjacevolenza ragionando, li dissi io lo farô, benchù non sappia di che gli scriverô. S. A. con ur* certo solito suo riso, disse che nonebbe che S. S. facesse cardinale il suo maestro il vescovo d'Osma. » Lettre du nonce à la cour de Rome.

8. S'il faut en croire Llorente, le prince avait demandé au pape pour Onorato le droit de résider à la cour six mois par an. « PidiJ al papa brève para residir en Madrid seis mosos por ano, para hacerle compania. » Hisl, de la Inquisicion. Yï, xxxr, 177 et 178.

loi DON CARLOS ET PHILIPPE II

vrai^ et où les phrases se heurtent dans un désordre bizarre, bien que le prince eût alors vingt ans, mais qui paraissent dictés par les sentiments les plus respectueux et les plus tendres : « Mon maître, dit-il le 23 janvier 1563, Pieu sait combien j'ai éprouvé de joie en apprenant l'arrivée de la fille du marquis de Cortés, parce que votre arrivée doit être prodraine, et ainsi je vous ordonne de le faire bientôt et de m'avertir en venant à Alcala, et je me porte bien, et je suis fonde plaisir de votre venue; ce que je piiis vous dire de l'auberge est qu'il y a des doutes pour celle du connétable, parce qu'il vient; la moitié de l'auberge d'Asculi est louée au prieur don Hernando , et pourvu qu'on puisse céder l'autre moitié de l'appartement bientôt, dès lors on débarrassera pour vous. J'ai fini. » Et il signe : « Votre plus grand ami, qui ferai ce que vous me demanderez *. » Il écrit encore avec la même naïveté : « Mon maître, j'ai reçu votre lettre au bosque *; j« me porte bien,

1. « Mi maestro, Dios sabe quanto contento me ha dado saber que es venida la hija del marqués de Cortés, porque sea luego vuestra venida, y asi os mando'que lo hagais lucgo y que me avisais en viniendo en Alcala luego dello, y estoy bueno, y estoy loco de placer de vuestra venida; lo que se os decir dé posada passa que sino huviera dudas en la del conde^table porque viene, o sino alquilado la mitad de la posada del Asculi, el prior don Hernando, y con que le dea la otra mitad de aposento luego, desde luego desembaraçara y para vos y acabo. — Vuestro grandisimo que haré lo que vos me pidiéredes. » Lettre de don Carlos à l'évêque d'Osma, 23 janvier 1565, citée par Kircher. Archelypon, etc., déjà cité.

2. Bosquet château ou maison de campagne. Il s'agit ici du bosque de Ségovie. L'itinéraire tracé par don Carlos se comprend bien : il va d'Alameda à Buytrago, de Buytrago à Ségovie, où il passe deux jours, et de Ségovie à Médina del Campo. d'où il écrit à Onorato Juan. Alameda et -Buytrago sont des petites villes de la vieille

LETTRES DE LINFANT A ONOKATO JUAN 103

et Dieu sait si je me réjouirai d'aller avec la reine pour vous voir. Faites-moi savoir comment vous vous êtes trouvé là-bas *, et s'il vous en a beaucoup coûté. J'ai été d'Alameda à Buytrago, qui m'a paru très bien : je n'ai été que deux jours au bosque, et je suis venu en deux autres jours ici *, où je suis depuis mercredi. Je me porte bien. Je finis. » Et il ajoute en posl-scriptum .ces paroles simples, sans liaison avec les précédentes, mais touchantes : « Le meilleur ami que. j'aie en cette vie^. »

On voit combien le prince désirait la présence d'Onorato, quelle confiance il avait dans l'affection à la fois paternelle et respectueuse de ce grand esprit qui avait aussi un grand cœur, avec quelle joie presque enfantine il donnait les moindres détails de sa vie à ce vieillard qui le suivait d'un regard inquiet et affligé parfois, tendre toujours. Onorato Juan, même sa tâche de précepteur terminée, avait con-

Gastille. Buytrago, la plus importante, est située, «on loin de Ségovie, dans l'évôché de Guadalajara; Médina del Gampo est dans l'évêché de Valladolid.

i. C'était probablement à Xerahizeio, dans l'évôché de Placencia; il est question plus loin du séjour d'Onorato dans cette ville, et la lettre du prince n'ayant pas de date d'année, on peut la supposer de juin 1566.

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