‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 67 sur 199 · En loôJ, nous trouvons encore la signature d'Osorio comme · texte numérisé non relu

En loôJ, nous trouvons encore la signature d'Osorio comme

DISGRACE DE LOBON 131

inspirait sans doute qu'une médiocre confiance, car, tout en enlevant sa charge à Osorio qui redevint simplement ayuda de càmara comme par le passé, il la divisa en deux fonctions distinctes : celle de maître de la garde-robe, qui fut donnée à Lobon; celle de maître des joyaux qu'il accorda plus tard à don Diego de Olarte *. Le prince parut satisfait de ce changement obtenu de guerre lasse, après deux années de lutte. Lobon était au comble de la faveur, il assistait à toutes les parties de plaisir 2, don Carlos lui avait donné toute son amitié, lui confiait ses secrets et son argent, et nul ne passait pour avoir plus de crédit auprès de sa personne ^. Mais Osorio devait avoir sa revanche. Avec cette bizarre versatilité qui était un des caractères de son esprit, l'infant prit soudain en haine ce même homme qu'il avait si ouvertement protégé, pour lequel il avait pendant deux ans jeté le désordre dans ses affaires et s'était opposé ouvertement à la volonté du roi. La disgrâce de Lobon fut prompte, décisive, irrévocable. S'il avait excité jadis don Carlos contre Osorio, il en futcruellementpuni. Saisissant le prétexte d'un papier qui manquait, l'in-

maitre de la garde-robe à la fin d'un compte. Arch. Sim, Gont. gêner., leg. 1033».

1. Ce fut après 1564, car le nom de Diego de Olarte ne figure pas dans la cédule du 14 mai 1564 que j*ai citée plus haut.

2. «... Diô à Lobon 10 escudos en ora que S. A. le mandô dar do una apuesta que ganô à S. A. de un os arcabuces. » 8 de mayo 1566. Arch. Sim. Gont. gêner., leg. 1110.

3. «... S. A. le queria bien, y délhacia mucha confianza, fiandole su hacienda y secreto como hombre de mucho crédito y confianza. » Déposition de Pedro de Rilbao, platero de S. M., dans l'enquête, loco cit.

fant entra dans une de ces colères effrayantes où semblaient se déchaîner tous les délires de sa nature désordonnée : il se précipita sur le favori de la veille et voulut le jeter par la fenêtre. Il fallut que les gentilshommes de la chambre intervinssent et lui arrachassent des mains le malheureux disgracié. Don Carlos se répandit alors en injures, appela Lobon coquin, voleur, s'écria qu'il avait commis un crime de lèse-majesté, et lui ordonna de quitter à l'instant le palais. Puis, non content de cette scène, il voulut poursuivre sa vengeance, réunit en commission son secrétaire Gaztelu, Martinez de la Cuadra, ayuda de càmara^ et le trésorier Colonna, et leur donna ordre d'instruire le procès de Lobon avec la plus excessive sévérité. Lui-même, préoccupé des travaux de cette commission, venait voir souvent à la porte de l'appartement si elle s'acquittait assidûment de sa charge, et le secrétaire Gaztelu, fidèle interprète des sentiments de son maître, accusait Lobon aveclaplus violente animosité. On ne sait pas si l'instruction révéla quelque infidélité du maître de la garde-robe, mais il perdit son emploi, qui fut réuni, comme au temps d'Ortegaet d'Osorio,à la charge de maître des joyaux et confié à don Diego de Olarte*.

i. «... Enojô mucho con el diclio J. E. de Lobon por un billete que le faltô, y on lanta manera que le quiso echar por una venlana, y alguuos de los caballeros de su camarâ viô que le detuvieron, y asi S. A. mandô despedir al dicho Lobon y que se fuese à su casa, Ilaniândole bellaco, ladron y que habia cornetido crimen legis majistalis {sic), y con rnucha ira y euojo inandô que los dichos Cuadra y Colonna le lomasen cuenta de todo lo que era à su cargo .. procuraba por todas vias que se le tomase ladicha cuenta con todo rigor y en presencia del secretario Gaztelu y de los demas

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