DETAILS SUU LA CONSTITUTION PHYSIQUE DE L'LNFANT
Ceci se passait à la fin de 1566*. Il y avait trois ans à peine que Lobon avait pris le premier rang dans la faveur du jeune prince. Don Carlos le chassait avec d'autant plus d'empressement qu'il avait désiré davantage son élévation, passant ainsi brusquement de l'affection à la haine, dégoûté sans cause après avoir aimé sans cause, ballotté au gré de caprices invincibles, et manifestant le trouble de- son cerveau par des cris de rage et de ridicules emportements. On comprend d'après les pages précédentes que les recommandations si précises d'Onorato Juan n'étaient pas vaines et qu'il n'exhortait pas. pour le plaisir de parler, son royal élève à la soumission filiale et à l'affabilité vis-à-vis des inférieurs.
On a vu qu'Onorato se borne à ces deux conseils, qui furent du reste si mal suivis par don Carlos, et qu'il est silencieux sur la question des mœurs. C'est là cependant le thème ordinaire des discours qu'un maître ecclésiastique, épris de ses devoirs, prodigue à un jeune prince. Pourquoi l'évèque d'Osma se borne-t-il à recommander vaguement l'observation
criados de su cûmara... y aun S. A. Ilegô y viô Ilegar este testigo à la puerta del aposento à ver lo que se hacia... y S. A. gus taba mucho que los conladores apretasen al dicho Lobon en la cuenta... y el dicho secretario Gaztelu se mostraba apasionado
tontra el dicho Lobon se enojô y disgustô S. A. con o
dicho Lobon de tal manera que no lo pudo ver y le despidiô diciendo que no queria que lo sirviese, y le dijo muchas palabras, feras con ira yenojo. » Dépositions iVOsorio^ d'Espinosa, LayneZy Pedj^o de Bilbao dans la deuxième enguéle, 158^L Arch Sim. Cont. gêner. 1* ép., leg. 1050.
i. « Ano y medio, poco mas o monos, anles que S. A. fallecioso. » Don Carlos étant mort en juillet 1168, ces faits eurent donc lieu à la fin de 156Ô ou, au plus tard, au commencement do 1567.
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des commandements de Dieu et de TEglise, ajoutant seulement comme exemple : « tels que assister à la messe et aux offices? » Pourquoi ne cherche- t-il pas à prémunir Tinfant contre les vices si communs chez les jeunes gens et surtout chez les grands du monde ? Peut-être croyait-il devoir réserver au confesseur le soin de donner ces conseils, et eût-il regardé comme indiscret de pénétrer ainsi dans une conscience qu'il n'était pas chargé de diriger. On peut sans doute apprécier de la sorte son silence, mais j'avoue que cette opinion n'est pas la mienne: je demeure persuadé que, s'il l'eût jugé nécessaire, Onorato comme ami, comme maître, comme évêquo, aurait touché ce point délicat, soit directement, soit par allusion. S'il se tait, c'est qu'il ne pense pas que les faits aient donné lieu à de spéciales exhortations. A l'époque où cette lettre fut écrite, la conduite de l'infant ne devait pas éveiller encore la sollicitude d' Onorato.
Ce ne fut vraisemblablement que plus tard, et tout à fait dans ses dernières années, qu'il commença ces promenades nocturnes, dont j'ai parlé plus haut, et qui étaient peut être à l'origine moins coupables que la malignité publique ne l'a supposé. Elles dégénérèrent, nous disent quelques documents assez suspects S en amusements désordonnés; mais il estpos-
1. Badoero, Ms., et Brantôme, Afém., déjà cités, racontent divers détails qu'il me semble difficile d'accepter. Badoero dit que le prince donnait aux femmes de mauvaise vie de Targept, des chaînes, des médailles et jusqu'à ses habits. Il y a là, je crois, une très grande exagération, si même ce ne sont pas des calomnies gratuites.