‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 71 sur 199 · NÉGOCIATIONS POUR LE MARIAGE DE DON CARLOS · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS POUR LE MARIAGE DE DON CARLOS

Ce fut seulement dans le cours de Tannée 1561 que Philippe H, aussi pressé d'entamer les négociations que lent à les conclure, songea sérieusement à préparer pour son fils un mariage favorable aux intérêts de sa maison. La cour de France agissait depuis quelque temps pour amener Tunion de la princesse Marguerite, fîile de Catherine de Médicis, avec rhéritier du trône Espagnol : elle avait fait pressentir dès 15601e roi catholique sur ce projet. Catherine l'indiquait comme « une des choses de ce monde qu'elle désirait le plus » ; elle chargeait même sa fille, la reine d'Espagne, « d'y mettre tous ses soins, » et ajoutait dans ce style imagé qui caractérise sa correspondance : « Cela, ma fille , fait que me semble que vous devez commencer de loin à bâtir *. » Le

d. Voir ces lettres dans les négociations et lettres relatives au règne de François II publiées par M. L. Paris. Paris, 1841, p. 440 et 814.

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bruit ayant couru peu de temps après que les princes Lorrains cherchaient, à marier avec l'infant leur nièce Marie Stuart, devenue dans l'intervalle veuve de François II, la régente employa toute son énergie à contrecarrer le plan des Guise *. De son côté l'empereur Ferdinand pensait au prince pour rarchiduchesse Anne, l'amée de ses petites-filles, et laissait entrevoir ses intentions sans oser les manifester encore d'une manière précise 2. Enfin la sœur de Philippe II, dofïa Juana, veuve du prince de Portugal et qui, comme nous l'avons raconté, avait pris soin de l'enfance de don Carlos, nourrissait l'espoir de l'épouser, bien qu'elle fût plus âgée que lui de dix ans. Il faut ajouter que le sentiment public en Espagne semblait favorable à cette union. Philippe II pesait silencieusement les avantages de ces différents projets; mais, au fond, étant déjà allié à la maison de France, il ne voyait pas d'intérêt au choix d'une princesse française; d'autre part, il estimait non sans raison que dofïa Juana n'apportait rien à la couronne d'Espagne : il savait d'ailleurs la répugnance que don Carlos montrait pour ce mariage ^. Deux projets seuls lui semblaient à suivre : le premier était une alliance avec la reine d'Ecosse qui eût d'abord assuré un royaume de plus à sa maison, et qui, en cas de mort d'Elisabeth d'Angleterre, dont Marie

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