‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 72 sur 199 · c?., p. 787 et · texte numérisé non relu

c?., p. 787 et

2. Dépêche du comte de Luna, Arch. Sim. Est. «50 (28 décembre 1560.)

3. V. les lettres do l'ambassadeur de France, l'évêque de Limoges, à Catherine de Médicis en juillet 1551 et janvier 1562.

Stuart était la légitime héritière, eût préparé les voies à la réalisation d'une de ses plus chères espérances, à savoir la main-mise sur la couronne anglaise et la restauration du catholicisme à Londres aussi bien qu'à Edimbourg; le second, plus facile, extrêmement sage, conforme aux traditions de famille, était d'unir don Carlos à sa cousine l'archiduchesse, en rapport d'âge avec lui, bien élevée, de figure agréable et particulièrement aimée par l'empereur Ferdinand et son fils le roi de Bohême. Il résolut donc, suivant sa méthode accoutumée, et ne pouvant d'ailleurs prendre encore de résolution décisive, de se ménageries deux princesses en même temps et de négocier à la fois en Ecosse et à Vienne avec assez de mesure pour avoir sa liberté d'action suivant les circonstances quand le moment serait venu. Ce fut cependant à Vienne qu'il entama les pourparlers, soit qu'il craignît moins de s'engager de ce côté où les échanges d'idées semblaient fort naturels et où il pouvait plus aisément reculer, soit qu'il crût bon de ne pas décourager le désir de l'Empereur, soit que, malgré ses inclinations aventureuses et ses ambitions lointaines, il hésitât à se lancer avec Marie Stuart dans une politique mal définie. Il réserva donc cette pensée sans la perdre de vue, ainsi qu'on en jugera plus loin, mais il chargea d'abord le comte de Luna, son ambassadeur auprès de Ferdinand, de faire quelques ouvertures à la cour Impériale.

Le roi de Bohême , à qui le comte de Luna parla d'abord, reçut cette nouvelle avec la satisfaction la plus vive. Il demanda seulement le temps d*en in-

EMPRESSEMENT DE LA COUR IMPERIALE Itô

former FEmpereur, son père, avant de donner une réponse définitive, qu*il espérait, ajouta-t-il, être de nature à satisfaire pleinement le roi d'Espagne *. Deux jours plus tard, Ferdinand fit appeler l'ambassadeur et lui déclara qu'il ne pouvait qu'approuver un tel mariage. Le comte de Luna ayant alors prié Maximilien d'écrire ce résultat à Philippe II, le roi de Bohême le lui promit et protesta en même temps, dans les termes les plus chaleureux, de sa reconnaissance envers le roi d'Espagne et de la joie dont il était pénétré ^,

Mais à peine Maximilien avait-il exprimé sa satisfaction, on apprit à Vienne que l'infant était cruellement tourmenté par la fièvre, — peu de temps après, en effet, Philippe envoyait son fils à Alcala, — et que toute négociation devait être suspendue jusqu'à ce que la santé du prince fût devenue meilleure. L'Empereur, qui se défiait de son neveu, et qui d'ailleurs était assez embarrassé, la main de la princesse étant sollicitée par Charles IX 3, n'accepta cette raison

1. «... Habiéndomc el rey oido y considerado lo que V. M. dice del casarniento del principe mi senor...mostrando de todo grandisima satisfaccion y contentamieiito, me dice... que al présente él no podia responder, porquc queria dar cuenta al Eniperador, coma erarazon, que el escribiria luego à S. M., y con su respuesla la esperaba dar â contentamiento de V. M. » Dépôclie du comte de Luna à Philippe II. Vienne, 13 octobre 1561. Arch. Sim. Est., leg. 6S0.

2. «... S. M. me llamd y me dijo... que cuanto al casamiento del principe mi senor con la infanla Ana, no podia sino alabar mucho y paresccîlle muy bien lo que V. M. decia... con esta respuesta, volvi aqui à Viena y supliqué al rey que S. A. respondiese â V. M. El rey me dijo que lo que ténia de decir era, que conocia muy bien al amor y buena voluntad que V. M. mostrava y ténia â S. A.... de que estaba con grandisima satisfaccion. » Dépêches, etc., ibid.

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