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L'Empereur ne traitait les rois que d'Altesse

3. Ilabiendo sido Nuestro Serîor de librar al serenisimo principe mi sobrino de su larga cuartana, y que es agora tiempo oportuno para volver â la plâtica de su casamiento con la infanta Ana, mi nieta, me ha parecido hacello yo escribir à Martin de Guzman lo que entendera V. A. particularmente... certificando a V. A. que si supiese yo que al présente otro casamiento estaria mejor al principe y al bien de nuestras casas que este», no trataria del en manera ninguna. » Lettre de Ferdinand à Philippe II, 14 janvier 1562. Arch. Sim. Est., leg. 651.

CONVEUSATION ExNTRE L'EMPEREUR ET DE LUNA 14S

se féliciter de la santé de l'infant, puis en vint à la question du mariage : à ses yeux, nulle union n'était plus convenable et plus à propos, eu égard à la conformité d'âge des deux princes, à toutes les grâces et vertus de la princesse, et aux grands avantages politiques dont cette union serait le gage. Enfin, avec une franchise dont il faut toujours savoir gré dans ces sortes d'affaires, il suppliait Philippe II de considérer sérieusement cette question, et de donner, par son consentement, à l'Empereur, au roi et à la reine de Bohême, la plus grande satisfaction qu'il leur fût possible de recevoir.

L'ambassadeur fut fort étonné qu'on eût à Vienne des nouvelles si pleinement rassurantes; l'impatience de Ferdinand avait en effet singulièrement exagéré les choses et transformé en guéri son complète une amélioration légère et sans importance. Après avoir remercié l'Empereur, au nom de son souverain, des sentiments qu'il voulait bien lui faire connaître, il répondit qu'on ne se délivrait pas si promptement des fièvres quartes : pendant une année entière, même après guérison, elles laissent, ajoutat-il, des traces dans la santé générale, surtout lorsqu'elles oift été aussi violentes; enfin il termina ce discours eh se déclarant persuadé que le roi d'Espagne ne voudrait point marier le prince avant son complet rétablissement *.

i. « El Emperador me ha dicho que habiendo entendido que el principe mi senor, Dios lo guarde, tiene salud y edad para poderse tratar de su casamiento... parece â S. M. que al présente no liay cosa mas conveniente ni mas â proposito del principe, asi por la

Cette réponse plut médiocrement à l'Empereur, qui flairait quelque subterfuge, ou du moins quelque désir, dont la cause lui échappait, de tramer en longueur et de le payer de paroles. Soit qu'il voulût plaider le faux pour savoir le vrai, soit que réellement il eût, sur ce point, quelque sérieuse inquiétude, il. ajouta d'un air familier: « Mais, tout en causant, je vous le dirai, comte, en confidence, — et ceci ne doit pas vous passer, — j'ai reçu de Flandres et d'Italie une singulière nouvelle. 11 serait question à Madrid, m'écrit-on, de marier le prince d'Espagne avec la princesse de Portugal, sa tante : les choses ont été même assez avant, paraît-il, car on aurait déjà demandé à Rome la dispense nécessaire pour le mariage de parents aussi proches. La princesse, il est vrai, est une personne accomplie, mais l'union du prince et de ma petite-lille me semble plus convenable pour l'âge : mon neveu, d'ailleurs, gagne par cette alliance l'avantage de resserrer nos liens de parenté et d'affection. Aujourd'hui, sans doute, ce semble être un bien superflu, mais il est bon de songer à l'avenir. La princesse de Portugal n'ap-

conformidad de las edades y bueiias partes que la infanta ticne, como por otras cosas que aun importan mas que se pueden considerar para el bien de todos y conservacion de estas casas... y por esto no podia dejar de rogar y suplicar mucho à V.M. lo considère todo muy bien y no deje de dar contenta mi ento â S. M. y al rey y à la reyna que sera de los mayores que puedan recibir... »

«... Como S. M. sabia las cuartanas siempre dejaban reliquias que en mas que un ano habia bien que hacer en librarse, y mas tan largas como el principe las habia tenido... y que por esto yo creia que V. M. no queria casalle hasta que se rehiciese bien. » Dépêche du comte de Luna au roi, 19 janvier 1562. Arch. Sim. Est., leg. 651.

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porte point ces avantages, et, de plus, il y a dix ou onze ans entre elle et le prince d'Espagne. Cette distance, du côté de la femme, est considérable, car lorsque l'infant sera un homme, elle sera déjà avancée en âge, et ce n'est pas là un médiocre inconvénient. En outre, la parenté me semble bien proche. Le prince, dans cette hypothèse, épouserait une personne à laquelle il doit un respect filial; enfin, si la princesse est fort belle, l'infante Anne, ma petite-fille, ne laissera pas, je puis le dire, de plaire à ceux qui la verront. Le motif du roi m'a-t-on dit, est l'extrême jeunesse de son fils, qui permettra à la princesse de l'aider à gouverner, soit que le roi le laisse en Espagne, soit qu'il l'envoie en Italie ou en Flandre. 11 y a là sans doute une apparence de raison, mais, je vous le dis, de pareilles unions sont périlleuses, et celle-ci pourrait fort mal tourner pour le gouvernement aussi bien que pour la satisfaction du prince. Au reste, le roi est trop sage pour ne pas le comprendre à merveille : je me borne donc, sans traiter plus longuement ces détails, à lui proposer ma petite-fille en mariage, à lui demander le plus affectueusement du monde de bien réfléchir, et de nous aviser le plus promptement possible de sa résolution *. »

i. «... Mas, dijo me, hablando con vos, conde, en confidencia y para que no saïga de aquf, os hago saber que yo me muovo â esto porque de Flandes y de Italia me escriben que se trata este casamiento con la serenisima princesa de Portugal, y que la plâtica iba tan adelante que se habia enviado por la dispensacion à Roma, y que el papa hacla dificultad en concederla por paracerle el deudo rauy estrecho y las causas no bastantes para délia, y por esto lo hago y por paracerme que aunque la princesa sea tal persona que

Ce projet, dont nous avons parlé, et qui tourmentait si fort l'Empereur, était destiné à reparaître plus tard et dans les délibérations des cortès et dans les correspondances diplomatiques. En 1563, les députés exprimèrent le vœu qu'il y fût donné suite, et trois ans plus tard, s'il faut en croire Forquevaulx, le prince leur reprocha ces ouvertures avec une violence très peu flatteuse pour sa tante. Il les menaça de toute sa colère, raconte l'ambassadeur dans un avis secret de 1566, a s'ils sont si fols de parler du mariage de la princesse sa tante et de luy, comme ils le proposèrent aux dernières cours qui se tinrent y a trois ans en ce lieu. » Au reste, il était dans la destinée de

110 haya mas que pedir en alla, tengo por mas â propôsito y mas conveniente para el principe el de mi iiieta, asi por la conformidad de las edades... y porque con clla se toman en estas parles mas Icudos y amigos, que aunque al présente no parece que sea menester, importa el conOrmallos para que de adelante, y que aquestos no se toman con la princesa, y que tambien lleva al principe diez û once anos que para llevarlos la muger al liombre es mucho, porque cuando él venga à ser liombre, sera ella entrada en dias, que no es poco inconveniente, y despues el deudo tan grande que parece no se que casar con persona â quien se debe el respeto de madré, y que aunque la princesa sea muy hermosa, creo que la iulanta no dejarâ de contentar à los que la Vieren. Las causas que escriben que al rey le mueven 6 le podrian mover à hacer este casamiento, dicen que son que el principe es mozo y que la persona es muy bastante y le podria ayudar à gobornar, y que en su compania le podria 6 dejar en Espafia o enviar â ItaliaôFlandes; y aunque este tiene una color de apariencia, yo os digo que las mas veces sueleu traer grandes inconvenientes, y que se pueden remediar muy mal, asi para lo que toca al gobierno como para lo que toca al contentamiento del principe... y porque el rey es tan discreto que todo lo entenderâ tambien como se lo sabra nadie dccir, yo no quiero tratar destos particulares, sino proponelle el casamiento de mi nieta, y pedille muy affectuosamentc que todo lo mire y considère bien, y que nos avisa de su voluntad. » Dopôche du comte de Luua, 49 janvier 1562, déjà citée.

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