NOUVEAU PLAN DE PHILIPPE II
de rinfant ne fût que trop véritable, se repentait au fond de s'être avancé un peu vite; « il importe à mes intérêts et à ceux de la chrétienté, écrivait-il au comte de Luna. de tenir le prince libre de tout engagement ^ » Il songeait en effet alors à une autre union dont les brillantes perspectives paraissent l'avoir un instant séduit. Le comte de Luna, habile à deviner et à servir les projets du maître, lui avait envoyé deux mois avant, en même temps qu'un portrait détaillé de la princesse Anne, des considérations sur un plan, vague encore, mais qu'il avait pressenti dans la pensée de Philippe IL Voici le portrait; les considérations viendront à leur place plus loin : « On ne peut que dire du bien de l'infante Anne, elle me semble avoir pour son âge beaucoup de raison et d'intelligence; elle a bien de la religion. Quant à son extérieur, il est tel qu'on peut le souhaiter : elle est jolie et sera grande, car elle l'est déjà et grandit encore, n'ayant que quinze ou seize ans. Sa mère, qu'elle n'a jamais quittée, l'a fort bien élevée : le roi et la reine l'adorent et la préfèrent à leurs autres enfants, et il est certain qu'à mon avis on rie peut demander mieux pour la compagne du prince *. »