Lettre du 8 mars 1563. Arch. Sim. Est
2. « ITé entendido la larga plàtica que pasastes con Ledington, y lo que él os dijo sobre el casainiento de la reyna de Escocia con el principe mi hijo, y de la manera que le respondistes y os hubistes con él, de lo cual â mi me queda niucho conteutamiento porque os hubistes en ello niuy^prudentemente, y asi viendo que efectuarse este casamiento podria ser principio de remediarse las cosas de la religioo en ese reyno de Inglaterra, me he resuelto de admitir la plâtica. » Lettre de Philippe II A sou ambassadeur à Londres, 15 juin (563. Arch. Sim. EsL, Icg. 816.
DIPLOMATIE DE PHILIPPE il 157
sèment un prétexte pieux à une entreprise personnelle, le roi entre dans l'examen des divers partis présentés à la reine d'ÉcoSse pour en conclure l'excellence et les avantages pratiques d'une alliance avec sa maison. Il parle d'abord de l'archiduc, mais avec une agréable hypocrisie dont les formes polies lui paraissaient convenables vis-à-vis de ses agents, lorsqu'il s'agissait d'un membre de sa famille : « Sans doute, dit-il, si le mariage de l'archiduc et de la reine était possible, et s'il devait porter les fruits que me semble promettre l'alliance de mon fils, je l'approuverais et j'y travaillerais avec la meilleure volonté par suite de ma grande affection pour l'Empereur mon oncle et ses fils. Mais précisément si je me suis mis en avant dans cette affaire, si je n'ai pas attendu que l'Empereur achevât de s'en dégoûter, c'est que vous m'avez averti du peu d'inclination manifesté par la reine et ses ministres en faveur de cette alliance, et de leur intention de traiter plutôt avec le roi de France. Je me ^uis rappelé alors quels avaient été mon ennui et mon inquiétude lorsque le roi François fut marié à cette reine. S'il avait vécu, forcément nous eussions été réduits à faire la guerre pour la défendre, car le gouvernement français avait évidemment l'intention de l'opprimer et d'envahir ses États *. » On voit par ces derniers mots, où les
l.«... Si yo le viese apariencia de hacerse y que dél se pudiese sacar el fruto que al présente parece que se podria sa car del casamiento del principe mi hijo, lo abrazaria y procuraria con mejor voluntad que es otro por el grande amor que al Emperador mi tio y à sus hijos tengo. Lo que me ha movidô à salir â este negocio y no esperar k que el Emperador se acabase de desengaiîar en él, lia
faits sont un peu exagérés pour le besoin de la cause, combien au fond Pbilippe redoutait le triomphe du cabinet du Louvre en Ecosse. A défaut de son fils, il eût certes appuyé les prétentions de l'archiduc, non pas tant par affection pour l'Empereur que dans le but d'empêcher le mariage de Charles IX, et il était alors disposé à presser d'autant plus Marie Stuart en faveur de don Carlos, que l'archiduc avait très peu de chance de réussir. L'évêque Quadra ne le lui avait pas laissé ignorer : les prétentions de l'Empire étaient mal accueillies à Edimbourg, les conseillers de la reine leur étaient contraires, 'et elle-même avait déclaré sa répugnance à épouser un Allemand qui n'avait « que la cape et l'épée *. j>
Quadra, en transmettant ces nouvelles à son souverain, réclamait une réponse définitive. Les lenteurs de Philippe II compromettaient ses affaires. D'une part, Elisabeth avait eu vent des projets du roi d'Espagne et aussi de ceux de l'Empereur : elle avait déclaré à sa cousine qu'elle la tiendrait pour
sido el advertimiento que vos me habeis dado de la poca gana que la reyna y sus ministros tienen al casamiento del archiduque... y particularmente avisarme vos de que pretendian y procuraban tratar el casamiento del rey de Francia, acordândome del trabajo é inquietud en que me tuvo el rey Francisco siendo casado con esta reyna, que se cierto si él viviera no pudiéramos excusar déstar, dias ha, nietidos en la guerra sobre defender yo à esa reyna, queriéndola él invadir como lo ténia resuelto. » Lettre de Philippe U à Quadra, déjà citée.
1. a... Me dijo (Ledington) claramente y afirmativamente que la reyna su ama no holgaba de casar un hombre nacido en Àlemania y espécialmente con quien no ténia sino la espada y la capa. » Lettre de Quadra au comte de Luna, i8 juillet 1563. Arch. Sim.Est., leg. 816.
SUITE DES NEGOCIATIONS i59
ennemie en cas de mariage avec un prince de la maison d'Autriche *. D'autre part, le cabinet du Louvre promettait à Marie Stuart le trône de France si elle voulait attendre Charles IX deux [années , et , dans le cas où elle désirerait presser son mariage, lui offrait un prince dépendant de la couronne de France, soit le duc de Nemours *, soit le duc 'de Ferrare ■^ soit le duc de Guise ^. En présence de ces intrigues, l'ambassadeur ne peut plus admettre de nouveaux retards : il n'a reçu aucun ordre formel de Madrid pour traiter directement avec le cabinet d'Edimbourg, et cependant il a employé tous les moyens dilatoires, demandes de renseignements sur
i. «... Habrâ entendido V. E. el fîero que esta reyna (Elisabeth) hizo à Ledington... diciéndole que si su ama casaba con un hombre de la casa de Austria, la tendria por enemiga. » Lettre de Quadra au duc d'Albe, 17 juillet 1663, ibid,
2. Jacques de Savoie, duc de Nemours et do Genevois, né en 1531^ en Champagne, mort en 1585, à Annecy. Il épousa en premières noces Françoise de Rohan, mais il fit plus tard casser ce mariage. En 1566 il épousa en secondes noces Anne de Ferrare, fille d'Hercule d'Esté, veuve de François de Guise.
3. Alphonse II d'Esté, fils du duc Hercule II et de Renée de France, seconde fille de Louis XII, né en 1533, mort en 1597. Ce fut lui qui fit enfermer le Tasse comme fou, pendant sept ans.
4. Il est difficile de comprendre la présence de ce nom dans cette liste : s'il s'agit de François de Guise, il était marié à cette époque depuis longtemps avec Anne de Ferrare, qui lui survécut, et il aurait fallu, pour épouser Marie Stuart, qu'il eût fait casser son mariage. S'il s'agit d'Henri de Guise, il n'avait alors que treize ans, comme Chflirles IX lui-même. On ne voit pas pour quel motif le père eût pu demander son divorce, et le fils être préféré au roi de France, qui était de son âge. Tel est cependant le texte de la dépêche : « Ténia entendido (Ledington) que si ella queria aguardar un par de anos, el casamiento habria efecto sin falta con el rey de Francia... à lo menos con alguno que fuese dependiente de aquella corona como, serian el duque de Nemours, de Ferrara o el misuio Guisa. » Lettre de Quadra au duc d'Albe, déjà citée.
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les intelligences de Marie Stiiart en Angleterre, discussions de tout genre : il faut prendre un parti définitif; sinon, même une réponse vague serait considérée à Edimbourg comme un refus *. L'adroit ambassadeur était si empressé de réussir qu'il n'avait pas attendu une nouvelle lettre de Madrid et qu'il avait envoyé de son clief un agent en Ecosse pour traiter avec la reine. Il risquait là une mesure que Philippe II pouvait désapprouver, mais peut-être Févêque se regardait-il comme à peu près sûr du consentement du roi, qui lui avait écrit de nouveau pour l'encourager; peut-être, sentant que tout était perdu s'il n'agissait avec énergie, préférait-il risquer même le blâme de Philippe pour réussir; peut-être enfin comprenait-il qu'il se trouvait alors au milieu de ces circonstances difficiles oii les sujets habiles épargnent à leurs maîtres la responsabilité d'une entreprise aventureuse et s'exposent courageusement, en cas d'insuccès, à un désaveu qui sauve la dignité de leur souverain. Il devait néanmoins être approuvé secrètement par Philippe II, qui lui écrivit, le 15 août 1363: a Vous avez bien fait d'envoyer en Ecosse : il faut qu'à son tour le gouvernement de la reine vous expédie un homme de confiance auquel vous puissiez communiquer mes intentions sur ce mariage *. »
1. «...En lugar de respuesta, se les hace una propuesla tan incierta, no se si la tendran por negativa, 6 lo que pensaron dello. » — «... Porque pedirles yo que meden informacion de las intelligencias que aquella reyna tiene en Inglaterra para que yo pueda avisar délias à S. M., y darle mi parecer, estas todas son cosas que Ledington sabe que estan heclias. » Môme lettre.
2. «... Me paresciô bienel caminoque tomastes de enviar à. Esco-