‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 82 sur 199 · LETTRE DE PHILIPPE II AU DUC D'ALBE · texte numérisé non relu

LETTRE DE PHILIPPE II AU DUC D'ALBE

trouver lancé dans une politique d' aventure. II comprenait bien les avantages de cette union, mais il n'apercevait pas sans inquiétudes la perspective d'entreprises lointaines et périlleuses ; il savait que le mariage de son fils avec Marie Stuart irriterait tout ensemble Elisabeth, effrayéede la nouvelle fortune desa rivale catholique, Catherine de Médicis et l'Empereur, déçus dans leurs espérances. De plus, voyant le caractère de son fils devenir de plus en plus difficile et ombrageux, il craignait de rendre le Prince trop libre d'agir s'il le mariait aussi loin de lui. Le plan du mariage écossais tentait son ambition sans doute, mais il alarmait sa prudence. Philippe se trouvait ainsi en présence de succès problématiques et de dangers certains. Inquiet, indécis, il songea à demander conseil à son plus intime confident, le duc d'Albe, et, quelques jours après avoir reçu la nouvelle de la mort de Quadra, il lui écrivit : « Martin de Guzman est arrivé avec des lettres que vous verrez, et il me presse de déclarer ma résolution au sujet du mariage du prince mon fils avec la fille aînée du roi des Romains. Le roi de France et sa mère désirent vivement obtenir cette princesse*, et d'autre part les instances de Tambas-

1. On voit que Catherine, aussi bien que Philippe II, poursuivait à la fois deux mariages ; elle appuyait en même temps ostensiblement l'archiduc à Edimbourg. La lettre du duc d'Albe expliquera ce dernier détail. La Régente n'avait pas d'ailleurs renoncé à marier sa fille Marguerite à don Carlos. Elle en parla depuis au duc d'Albe lorsque ce personnage accompagna la reine d'Espagne à Bayonne, et insista en même temps pour l'union de Charles IX avec l'archiduchesse Anne. Ces projets, dont elle avait souvent entretenu

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sadeur sont si fortes que je ne sais comment différer davantage : l'Empereur me prie en outre de favoriser l'union de Tarchiduc Charles, son fils , avec la reine d'Ecosse. En même temps est arrivé ici un secrétaire de l'évêque Quadra, lequel est mort le 24 août; il m'a entretenu du mariage d'Ecosse dont les négociations sont, commencées. Au milieu de ces difficultés, je vous prie de me dire ce qu'il vous semble opportun de décider, quelle marche je dois suivre si je me détermine à poursuivre le projet de mariage du prince avec la reine d'Ecosse, quels préparatifs il faudra faire, quelles ressources mettre en œuvre pour en venir à conclure et surtout pour obvier aux éventualités qui pourront s'ensuivre. Considérez tout cela avec votre prudence accoutumée, afin que je puisse me résoudre en toute connaissance de cause *. » On le voit par cette lettre,

l'évoque de Limoges et M. de Saint-Sulpice , ses ambassadeurs à Madrid, étaient encore indiqués dans les instructions que reçut leur successeur Raymond de Pavie, seigneur de Forquevaulx.

i. «... Ha llegado Martin de Guzman con unas cartas y copias que veréis, y trae cargo de hacer muy grande instancia sobre que me resuelva y déclare en lo del casaraiento del principe mi hijo con la hija mayor del rey de Romanos, porque el rey de Francia y su madré le hacen grande instancia por ella... no se como se podrà mas dilatar... y asi mismo me pide S. M. le favorezca para lo del archiduque Gârloscon lareyna de Escocia... demas desto ha venido aqui un secretario del obispo Quadra, el cual îalleciô â los de xxiv de agosto, asi para los negocios de Inglaterra como pai'a lo de Escocia que se habia comenzado... os encargo mucho que con este me aviseis de lo que os parece que se debe hacer, y camino que se debe llevar para en caso que yo me détermine en mandar proseguir la plâtica del casamiento del principe mi hijo con la de Escocia... y las diligencias y provenciones queconvenrâhacerse para venir à la conclusion y efectuation del negocio.

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