REPONSE DU DUC D'ALBE
Philippe est uii peu effrayé des complications dont l'alliance écossaise pourrait être la cause. Il est surtout vivement troublé par la double prétention de Catherine, qui intriguait également à Edimbourg et à Vienne pour faire obtenir à son fils soit Marie Stuart, soit la princesse Anne de Bohême. L'un et l'autre de ces projets caressés par la régente déplaisaient à Philippe II, et il n'osait, de son côté, rien décider, redoutant, s'il choissait l'Ecosse, outre les difficultés incalculables de l'avenir, de voir Charles IX épouser la princesse Anne, et, s'il choisissait TEmpire, de livrer à une puissance rivale les grands avantages que lui-même se pouvait promettre d'une alliance avec Marie Stuart. Un troisième parti lui restait à prendre, il est vrai, et il le met sous les yeux du duc d'Albe : favoriser les prétentions de l'archiduc, prince de sa maison, et réserver la princesse de Bohême à don Carlos. Mais il sait, d'après les dépêches de ses agents, que l'archiduc a peu de chances, qu'il est repoussé par l'Angleterre aussi bien que par les conseillers de la reine d'Ecosse, et qu'il est dangereux pour un souverain de compromettre son crédit en vue d'avantages médiocres ou négatifs, pour une cause condamnée par tous les hommes compétents. On ne pouvait deviner que Marie Stuart, dédaignant tant de grands princes,
y para prévenir yproveer â lo que dello se ha de seguir... consideràadolo todo... con vuestra gran prudencia... para que yo conmas claridad y consideracion me puede resolver en ello. • Lettre de Philippe II au duc d'Albe. Mouzon, 12 octobre 1563. Arch. Sim. Est.» leg. 143.
choisirait Darnley pour époux. Il paraissait au moins vraisemblable que, repoussée par l'Espagne et refusant elle-même Tàrchiduc, elle se déciderait à une alliance française. Philippe verrait alors triom pher la combinaison la plus odieuse à sa politique, et, après s'être associé aux prétentions de l'Empire, subirait une humiliation ajoutée à un échec.
Le duc d'Albe, on le voit par sa réponse, considère spécialement trois choses : d'abord, peut-on marier l'infant? n'est-il pas trop jeune? son tempérament est-il formé ? ne doit-on pas grandement tenir compte de ses aptitudes physiques qui sont d'une si haute importance pour les avantages qu'on se promet d'un mariage avec la reine d'Ecosse*? On voit ici reparaître les incertitudes dont nous avons parlé plus haut. En second lieu, il faut bien reconnaître que l'affaire entamée avec le cabinet d'Edimbourg sera la source d'innombrables « inconvénients, travaux et périls » ; que Philippe II aura contre lui a l'Angleterre, la France, et peut-être l'Empereur* ». Enfin la princesse Anne est d'une illustre race , parfaitement élevée : nulle épouse ne saurait être plus convenable pour le prince d'Espagne. On ne peut craindre de s'avancer en si bonne voie ^. »
3. « ... A la edad, la persona y la habilidad del principe nuestro sefior se debe tener gran respeto para el fruto que deste negocio se piensa sacar. » Lettre du duc d'Albe à Philippe U, 21 octobre 1563, ibid.
2. «... Inconvenientes, trabajos, peligros, no se puedan en ninguna manera del mundo excusar en este negocio, porque V. M. tendra contra sî à Francia y â Inglaterra, y podria ser que el Emperador. làid.
3. « ... Siendo hija de quien es y criada en lo que la seâora