‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 87 sur 199 · LENTEURS DU CABINET ESPAGNOL · texte numérisé non relu

LENTEURS DU CABINET ESPAGNOL

mois de septembre 1364 (Arch. Sim. Est., 6S2); ok a déjà vu d'ailleurs quel était l'état physique de don Carlos : Philippe espérait toujours que les efforts des médecins triompheraient de ce tempérament débile, et tout en laissant connaître à l'Empereur le défaut constitutif de son fils, il en était réduit à cheF» cher tous les moyens, vraisemblables ou non, de traîner en longueur sans décourager Maximilien. Chantoney, à bout de ressources, après avoir protesté de l'affection sincère que ressentait Philippe II pour Maximilien et sa famille, entra soudainement dans un nouvel ordre d'idées, autant pour affaiblir, en les divisant, les préoccupations de l'Empereur, que pour insinuer un plan cher à la diplomatie espagnole, et lui proposa l'entremise de son souverain à Lisbonne pour un mariage entre la seconde fille de Maximilien et le jeune roi don Sébastien de Portugal *.

Cette ouverture fut très froidement reçue par Maximilien. Vainement Chantoney essaya-t-il de lui démontrer les grands avantages d'un mariage por^

1. «... Pretendia allegarla la hermana, y tratar.de casarla con el rey de Port ^ il. laid. — Quelques années plus tard, comme noua l'expose très longuement la correspondance de Tambassadcur français, il fut question de marier Marguerite de Valois avec le roi de Portugal. La politique française eut encore là un échec à subir, en dépit des protestations de Philippe II, qui assurait sans cesse Catherine de son bon vouloir et de ses efforts. On voit combien peu ces paroles étaient sincères. Le roi d'Espagne alors caressait l'espérance de voir la seconde princesse de Bohême épouser le roi de Portugal, et Charles IX, à qui cette princesse était destinée, perdre à la fois les doux filles de l'Empereur. (Voy. pour tous les détails de cette dernière négociation : Un ambassadeur français à la cour de Philippe Ilj dans mon livre intitulé : Grands seigneurs et grandes dames du temps passé.)

tugais, vainement il vanta Tinfluence souveraine que les deux maisons d'Autriche, allemande et espagnole, réunies à la maison de Portugal, exerceraient sur la chrétienté tout entière * ; l'Empereur avait un autre plan, l'union de don Carlos avec la princesse T\.nne, et celle de Charles IX avec sa seconde fille Elisabeth. Il ne put s'empêcher de laisser voir à dhantoney combien un mariage avec lé roi de France lui semblait préférable à un mariage avec le roi de Portugal *. Puis il insista encore pour une détermination prompte au sujet du prince d'Espagne, et mit Philippe II en demeure de déclarer nettement sa résolution définitive ^.

Le cabinet de l'Escurial n'en conserva pas moins son attitude énigmatique, ce qui se comprend aisément. Philippe II n'avait rien à craindre : il était parfaitement sûr que Maximilien, voulant donner sa seconde fille au roi de France, lequel semblait disposé à l'accepter, ne lui offrirait pas bénévolement l'aînée : or, comme il n'existait pas alors en Europe un parti comparable à don Carlos pour la princesse Anne, une fois le roi de France marié, cette princesse devait forcément se trouver toujours heureuse d'épouser l'infant d'Espagne. Maximilien ne pouvait

1. «... Exhortândole â que mirase que la casa de V. M., la suya y la de Portugal, por el mucho deudo que habia entrellas, debian tenerse por una, y procurar de estar y estrecharse mas aun de toda la christiandad. » Dépêche de Ghantoney, 31 mars 1365, déjà citée.

2. « Dàndome harto â entender que ténia el partido de Portugal muy desigual del de Francia. » Ibid,

3. « ... A lo menos declarase resolutamente V. M. si queria esta princesa para el principe de Ëspana. » Ibid.

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