Bentivoglio, Hist de la guerre dès Flandres
MISSION DE MONTIGNY 30i
sévères rendus par le gouvernement Espagnol en matière de religion. Le choix de ces envoyés n'était pas heureux : l'un et l'autre étaient particulièrement suspects à Philippe IL Ils avaient pris grande part" à l'agitation des Flandres, ils étaient nettement oppo ses aux mesures de rigueur contre les hérétiques *. Le marquis de Berghes avait déclaré qu'il ne fallait pas les tuer parce qu'ils pouvaient se convertir *. Il avait laissé entendre que, dans peu de temps, le roi devrait se servir de ceux qui avaient abandonné le catholicisme ^. Montigny avait accusé Philippe II de haïr les Belges : il avait des relations avec la maison française des Châtillon , que le roi considérait comme ses ennemis *. Leur mission était donc frappée d'avance de stérilité.
Le marquis de Berghes, à la suite d'un accident, dut laisser Montigny partir seul pour l'Espagne : il ne le rejoignit que beaucoup plus tard, dans un état de santé qui ne lui permettait guère d'activité personnelle ; il s'associa cependant à plusieurs démarches de son collègue, assista aux audiences que le roi accorda le 22 et le 24 août 1566, et fut mêlé aux pourparlers que provoquèrent à cette date les excès commis par les calvinistes en Flandre. Mais sa maladie s'aggrava au point qu'il dût solli-
1. Lettre de Granvelle, à Philippe 11(9 mai 1563). Papiers d'État de Granvelle, VII, 74.
2. Mémoire de Villavicencio (correspondance de Philippe II, t. II. p. 36. 7janvierl56«).
3. Lettre de la duchesse de Parme, 11 juin lo66 (Ârch. Sim. Est., 530).