‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 35 sur 156 · CHAPITRE Xl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xl

suscitaient des difficultés à son voyage. Le roi lui répondit qu'il savait quels avis il devait suivre et quels non, bien qu'il eût l'habitude d'écouter tout k monde et de montrer de la confiance à tous ; qu'il n'était pas vrai que les seigneurs castillans sopposassent à son départ; qu'au contraire, ils le lui conseillaient, reconnaissant combien sa présence dans ses Etats des Pays- Bas était nécessaire (').

Les doutes qui subsistaient sur ce point dans le public se dissipèrent en grande partie, lorsqu'on sut que, le 19 mars, le duc d'Albe (-) avait prévenu tous les officiers et domestiques de la maison royale qu'ils eussent à se tenir prêts pour le dernier de mai ou le premier de juin . en leur annonçant qu'on allait régler et payer ce qui leur était dû, et qu'ils auraient à payer, à leur tour, ce qu'ils devaient à Madrid ; que, le lendemain, une publication officielle, où l'on en avertissait les habitants, avait été faite par tous les carrefours de la capitale f) 5 que le duc de Francavilla.

(') » Li diedi il brève di nosiro sigoore, dicendoli quanto ogni rimedio saria debole e infermo in Fiandra seusa la sua real presenza,.... et similmente di haver ioteso che alcuni di quesli sigiiori castigliani, cheiovorriano sempre inCastiglia, li vannoponendoavauli difScoltà.... Sua Maestà rispose che nostro signore si riposasse, citie non lassarà di

far cosa che sia conveniente di fare per lo rimedio di Fiandra et

che sa bene et conosce a quaii con?egli deve credere et a quai! no, .«e bene le conviene udir tutti et mostrar confidenza con tutti, et che io sappia che non è vero che gl'huomini di Castiglia lo ritirino, anzi conoscendo che gl'iQiporta tanlo, lo consigliano ad andare... » (Lettre de l'archevêque de l'.ossano au cardinal Alessandrino, du 17 février 1567, dans le MS. X 172 de la bibliothèque nationale de Madrid, p. 268.)

C) Il était grand maître de la maison du roi.

(') Lettre de l'archevêque de Rossano au caidinal Alessandrino, du

vice-roi de Catnlogne, était renvoyé dans son gouvernement, afin de prendre les dispositions nécessaires pour la réception et rembarquement de son maître à Barcelone ('). Le dessein qu'avait Philippe II à cette époque, ou que du moins on lui attribuait, était de se rendre aux Pays-Bas par lltalie, d'emmener avec lui la reine, le prince des Asturies et les archiducs Rodolphe et Ernest, de faire, en passant, inaugurer le prince dans les royaumes de Valence, d'Aragon et de Catalogne, de descendre à Gênes, d'avoir à JMilan une entrevue avec Pie V, et de donner rendezvous à ïnspruck à Maximilien II (").

Le duc d'Albe, qui devait prendre les devants et rassembler l'armée destinée à entrer aux Pays-Bas, avait mis peu de diligence dans ses préparatifs de départ; des affaires de famille l'avaient occupé longuement f ) ;^ au mois d'avril il se trouvait encore à Madrid. Cependant la flotte équipée pour le transporter en Italie était prête au port de Carthagène ; quinze des compagnies de soldats qu'il avait fait lever étaient réunies dans cette ville: un grand nombre de

<9 mars 1507. — Lettre de Fourquevaulxà Charles IX, du 24 mars 1567.

(') Lettre de Fourquev;iuLx.à Charles IX, du lo mars loGT. — Avis du même, du 24 mars, envoyé aussi à ce monarque.

(^) Lettres de Fourqiievaulx à Charles IX, du 23 février et du ■15 avril 1507, et à Catherine de i^Iédicis, du 24 mars. — Lettre de Dietricbstein à Maximilieu II, du 26 mars, ânuèQuellen, etc., p. 183.

(^) Suivant un avis secret que Fourquevaulx fit parvenir à Charles IX le 30 juin '1567, le prince d'Eboii lui avait dit, le 26, que le duc d'Albe était cause du retardement du voyage du roi et du sien propre; qu'il pouvait partir deux mois plus tôt, s'il l'avait voulu ; que ses affaires domestiques l'av.aient fait temporiser.

Page 1