‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 129 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Quint, ne s'était pas révoltée contre elles, parce que la dureté en était mitigée par la manière dont les juges les appliquaient ('). L'empereur lui-même a\ait trouvé qu'elles étaient excessives, et les avait adoucies en plusieurs points (').

L'inquisition ne s'était pas universellement ni sans opposition établie dans les Pays-Bas. Le Brabant lavait repoussée avec énergie. Elle était restée inconnue au pays de Luxembourg^ et à la province de Groningue. Si en Gueidre et en Frise des inquisiteurs avaient quelquefois exercé leur oirice, c'était en vertu de commissions spéciales, dans des cas exceptionnels. et ils y avaient été envoyés du dehors Ç').

Philippe IL parvenu à la souveraineté des Pays-

(') C'est ce que le comte d'Egmont fit ol)servcr à la diiches?e de Parme, à la réception de la fameuse dépêche deSégovie, du mois d'octobre lijljo, ainsi qu'elle l'écrivit au roi le 9 janvier 1a(i5 : •> J qiiali plaçait! — « disait le comte — eranno stati fatli dall' imperatore, di sanla memon'a, « più per terrore che per metterli in essecutione con quel rigoie che o V. M. comanda che si faccia al présente... »

0 L'ordonnance du 23 septembre IS-dO menaçait du châtiment réservé, aux hérétiques mêmes les personnes qui auraient presonlé requête pour grâce, en faveur des fugitifs, bannis ou latitanls ; elle défendait aux tribunaux d'altérer, modérer ou changer les peines en façon quelconque. Par une déclaration du 27 janvier \?>b'i (l5.i5o, n. st ), Charles-Quint [termit que des requêtes lui fussent adres.«ees, ainsi qu'a ceux de ses conseils qui avaient le pouvoir de faire grâce; de plus, il autorisa les juges inférieurs, quand des individus prévenus d'hérésie seraient traduits devant eux, et qu'ils les trouveraient digues d'indulgence, à modérer la peine que ceux-ci auraient encourue, si le conseil provincial, auquel ils en référeraient, était de cet avis.

(') Lettre française de la duchesse de Parme à Philippe II , du 3 avril l.j(jG, dans le SuiipléineiU à Slrada, t. II, p. 31 1. — Instruction donnée au marquis de Berghes et au baron de Monligny, le 29 mai lo6G.

Bas, se contenta d'abord de confirmer purement et simplement l'instruction donnée aux inquisiteurs par son père, le ol mai iSoO ('), et l'ordonnance que l'empereur avait rendue, le 2a septembre de la même année, en matière de religion Q. Mais, au moment où il allait retourner en Espagne, il jugea à propos de manifester, d'une façon plus explicite, les principes selon lesquels il entendait que ses Etals de F'iandre fussent gouvernés par rapport à la foi ; il le fit au moyen de la lettre aux conseils de justice dont nous avons parlé plus haut Q. Il déclarait, dans cette lettre, que son intention était, non-seulement d'empêcher que les erreurs semées par les hérétiques ne s'accrussent, mais encore de les extirper autant qu'il en aurait le pouvoir. Il ordonnait aux conseils d'exercer à cet égard une stricte surveillance sur les officiers de leur ressort. Il leur recommandait l'exécution ponctuelle des placards. Il voulait qu'elle eût lieu a avec toute <( rigueur, sans y respecter personne que ce fût, » et qu'on procédât aussi bien « contre les juges qui usaient « de dissimulation et de connivence » que contre les Iransgresseurs. Il défendait aux conseils de recevoir l'excuse de ceux qui , sous couleur de la rigueur de la loi, hésitaient à l'appliquer, « puisque, leur disait-il, (( nous ne vous avons député, ny eulx aussi, juges, c( pour juger de la loy et des édictz, ny pour déclairer

(') Déclaration donnée à Bruxelles, le 28 novembre 1355. [Placards de Brabant, t. I, |). 41.) C) Ordonnance du 20 août 1556. [Ibid., p. 45.) l^j Pag. 52.

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