‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 130 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

« s'ilz sont Irop ou peu modérez ou sévères, mais pour « procéder punctuellement selon la forme desdiels « édictz, déclairer les peines contre ceulx qui y contrc- « viendront, conforme au contenu d'iceulx, et les faire « exécuter : vous doibgant et à tous aultres soulïir, <( pour faire cesser tout scrupule, que lesdicts édiclz c( et placcars soient faictz par le prince, qui a povoir '< de statuer. . . » 11 leur enjoignait de faire procéder contre quiconque « aux choses de la religion et du « service de Dieu donneroit opinion froide, » fùt-il de leur collège. Enfin il leur signifiait qu'ils n'eussent à admettre ou commettre, dans les charges de la magistrature municipale ni dans les offices de judicature et autres, personne qui fût infecté, noté ou suspecté d'hérésie, ou qui n'eût toujours été réputé bon catholique (').

La créa lion de nouveaux évèchés, nous l'avons dit ailleurs (-), était une mesure politique, sage, réclamée par le bien de la religion et les besoins spirituels des peuples. Le projet en avait été conçu sous le règne de Charles-Quint, et , afin de le réaliser , des démarches avaient été faites à Rome à différentes reprises. Rien n'eût été plus populaire alors aux Pays-Ras. Venant de Philippe II, dont la nation se défiait, cette innovation fut envisagée tout autrement. Plusieurs causes y concoururent.

(') Nous avons donné, dans notre Colleclion de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, t. I, p. 332, le texte de cette lettre, qui était datée du 8 août 1 339, à Gand.

(-) Correspondance de Philippe 11, etc., t. I, pp. xcvii et suiv.

Les seigneurs furent blessés de ce qu'une mesure d'une imporlanee aussi capitale avait été prise par la seule initiative du roi, sans qu'on les eût consultés, et même à leur insu ('). La noblesse vit avec déplaisir que le grade de docteur fût exigé pour les prébendes attachées à chaque calhédrale (-) : quoique l'ttrés, les nobles n'étaient pas gradués dordinaire. Ce sentiment fut partagé par beaucoup de moines, auxquels les mêmes prébendes devenaient également par là inaccessibles Ç'). Sous Charles-Quint, il n'avait été question que de six ou sept évéchés nouveaux ;, IMiilippe II en avait réclamé quatorze (^) : on le soupçonna de vouloir faire, des prélats qui seraient appelés, sur sa présentation, à gouverner ces diocèses, autant d'instruments de sa politique religieuse. Les adversaires du gouvernement parvinrent même à accréditer l'opinion, dans le public, que l'établissement de tous ces évéchés était un acheminement à l'introduction de l'inquisition d'Espagne {'').

(') Voy. la lettre de Granvelle au roi, du G octobre \'66ï. [Correspondance (le Philippe 11, etc., t. I. p. 216.)

(^ D'après la bulle d'érection, il devait y avoir, en chaque église CHlhédrale, neuf prébendes à conférer à des pei-sonnes docles et graduées, savoir : les trois premières à des théologiens, les trois suivantes il des jurisconsultes, les trois dernières à des nobles gradués en théologie OH en droit canon.

('; Voy. la lettre citée de Granvelle.

{*j A ^Jalines, Bois-ie-Duc, Anvers, Bruges, Gand, Ypres, Ruremonde, Namur, Saint-Omer, Harlem, Middelbourg, Leeuwaerde, Deventer et

droningue.

(') Voy. les lettres de Granvelle au roi et à Gonzalo Perez, des 42 mars, 14 mai et -14 juin 1;j62, dans la Correspondance de Philippe 11, elc, t. 1, pp. 200, 201, 203

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