CHAPITRE II
dessein ('). Les instructions de Ruy Gomez sont connues aujourd'hui ; elle ne disent mol de ce projet (-), non plus que les documents si nombreux qui ont été exhumés des archives de Siniancas , depuis quelques années , sur les hommes et les choses de ce temps-là. Au contraire, dans celles que Philippe II donna, le o juin lo58, à fray Bartolomé de Carranza, archevêque de Tolède, on trouve la recommandation suivante, au sujet des démarches que ce prélat devait faire auprès de la reine Marie de Hongrie, afin de rengager à reprendre le gouvernement des Paysbas : « Si la reine vous parle d'emmener avec elle (( le prince, mon fils, en alléguant que ce serait le «< véritable remède à la situation présente, vous lui « direz que, quand le prince aura été inauguré dans (( les royaumes de Castille et dans ceux d'Aragon, de « Valence et de Catalogne, il en pourra être fait ainsi *( qu'elle le jugera convenable : alors le prince sera " plus âgé et plus propre pour seconder la reine et la « soulager dans les fatigues du gouvernement (^). » Le palais de Valladolid, où don Carlos habitait avec la princesse dona Juana, était devenu insuffisant depuis l'arrivée des reines douairières de France et de Hongrie (^). Dona Juana, désirant que son neveu fût plus à Taise, exprima à don Garcia de Tolède Tinten-
(') Historia de Felipe II, liv. IV, chap. H, pp. 143 et 144 , cLap. XXV, p. 2» 9.
(*) Retraite etmortde Charles-Quiut. etc., t. II, p. u\, pp. 159, 161.
(»J Ibid., t. Il, p. 433.
(*) Ibid., t. Il, pp. 94, 102.
lion qu'il allât occuper la maison du grand commandeur de Castille, ou qu'il sélablît dans quelque lieu des environs de Valladolid l'). Don Garcia prit des renseignements sur l'état sanitaire de tous les endroits <iui pouvaient convenir à la résidence du prince; il réunit ensuite les médecins de la cour et de la ville, et les leur communiqua. L'avis de ces hommes de l'art fut conlraire au changement projeté ("). Quant à la maison du grand commandeur, il parut à don Garcia que, si Ton y transférait l'habitation du prince, ce serait une nouveauté qui pourrait exciter les murmures du public (^).
Cependant le roi, à qui dofia Juana en avait écrit, trouva, avec elle, qu'il importait, pour l'éducation de son fils, de l'éloigner pcuidant quelque temps de Valladolid ; il désigna Tordesillas comme le lieu le plus propre à la résidence du prince : il y avait là une maison spacieuse et commode (^). celle où la reine Jeanne , veuve de Philippe le Beau , avait passé la
(') o Muchos (lias ha que la priiicesa me dixo que, visto quan aprctado estava el aposeuto desta casa, por liaver en ella tanta gente, le parecia que convenia que el principe se mudase â la del comendador mayor, 6 a otro iugar de la romarca donde pudiese. eslar à su plazcr, y con mas seguridad de la iadis])usicion d'esté.... » (Lettre de don Garcia de Tolède ;t iempereur, du 21) juillet 1537, ci-dessus citée.)
l^) « .... Se resolvieron en que uo convenia mudar al principe... » (Ibid.)
(') « Quanlo à lo de la casa del comeiidadoi . pareciôme quesacalie de aqui fuera uovedad eu que la gente huvicra que mormurar.... » [Ibid.)
(*) « .... ('.on este correo me escrivc Su Mag*' que le parece que, para la criaiiza del principe, conviene que esté alguna lemporada fuera de aqui, y que .sea en Tordesillas, por haver alli buena casa.. . » (Ibid.)