‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 24 sur 146 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

plus grande partie de sa vie et fini ses jours. Don Gareia de Tolède aurait souhaité, puisque le prinee devait quitter Valladolid, que ce fïil pour vivre auprès de lempereur dont la surveillance aurait exercé sur lui une influence salutaire (') : il se mit toutefois en mesure d'accomplir les ordres ^u roi. et envoya à Tordesillas le docteur Veja, accompagné de don Hernando de Rojas, majordome du prince, afin qu'ils s"enquissent de l'étal sanitaire de cette ville, ains'i que de ce qu'il y aurait à faire au palais, pour l'approprier à sa nouvelle destination Q. Les rapports du médecin et du majordome ne permirent pas qu'il fût donné suite aux ordres du loi : ils avaient constaté que Tordesillas comptait une foule de personnes atteintes de fièvres et de léthargies {^).

L'été de 1557 avait été excessivement chaud en Castille ; un vent du nord très-âpre y signala le commencement de l'automne. Cette révolution dans la température occasionna un grand nombre de maladies : les deux tiers des habitants de Valladolid en souffrirent; don Carlos eut la fièvre. Dans le même temps, plusieurs personnes notables moururent en celte ville. Don Garcia de Tolède en revint alors à

(') « Bien quisiera que la mudanza del principe fueni â estar cerca de V. Md, porque entiendo que le cqnviene mucho teneile en parte donde V. Md le \ea y comunique muchas vezes.... » (Lettre de don Garcia de Tolède, du 29 juillet.)

{^) Lettres de don Garcia de Tolède, du 29 juillet et du 27 août -1257, ci-dessus citées.

(^) « Hallaron liarlos enfermos de tercianas y modorras. » (Lettre du 27 août 1537, ci-dessus citée.)

l'idée de transférer ailleurs la demeure du prinee. La situation sanitaire des environs de Valladolid était plus mauvaise encore que celle de la capitale : il fit explorer Toro. Rioja. Burgos ; il envoya même jusqu'à Yitoria, pour savoir en quel état étaient ces différentes localités Q). Lorsquil eut reçu les renseignements qu'il désirait , il réunit les médecins de Valladolid : cette fois encore ils opinèrent, et unanimement*, pour que le prince ne changeât point de résidence, car, dirent-ils, il ne régnait point dans la ville de maladie contagieuse, et l'on n'y voyait aucune apparence de peste (").

Don Carlos avait beaucoup grandi, depuis l'arrivée de l'empereur en Espagne {^). Si nous voulions en croire son aumônier, Francisco Osorio, les développements de son intelligence et de sa raison auraient égalé ses progrès physiques Q. jMais des témoignages

(') Lettre de don Garcia de Tolède à l'empereur, du 6 octobre 1537. (Archives de Simancas, Estado, leg- 119.) — Retraite et mort de C/iarles- Quint, etc., t II, p. 2o5.

(*) Lettre de don Garcia de Tolède à l'empereur, du -16 octobre 1537. (Archives de Simancas, Estado, leg. 119.)

[^] « El principe crece mucho, » mandait Quijada à l'empereur, de Valladolid, le 23 mars 1538. [Retraite et mort de CIiarles-Quint, etc., t. II, p. 331.)

Déjà, le 27 août 1337, don Garcia de Tolède lui avait écrit : « El pnn- « cipe esta crecido harto. » (Lettre citée ci-dessus.)

Il lui écrivit encore, le 8 juillet 1358 : « Paréceme que, de très meses 0 à esta parte, el principe ha crecido de manera que se le echa bien » de ver, » [Coleccion de documentos inéditos, etc., t. XXVI, p. 409.)

(*) Uans une lettre datée du 20 février 1558, à Valladolid, Osorio, après avoir dit au roi que don Carlos était allé visiter la princesse dona .Iiiana à Cigales, ajoutait: « El mismo dia se bolviô à continuar su * estudio. y en eslo y on lodo gana cada dia lo que se piiede desear,

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