‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 25 sur 146 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

plus dignes de foi nous peignent le prince sous des couleurs un peu différentes. Don Garcia de Tolède écrivait à l'empereur le i3 avril loo8 : « Le i)rince a u très-bien passé le carême, pendant lequel il a mangé « du poisson la moitié des jours de chaque semaine ; « quoiqu'il y fût fortement opposé, les médecins « furent d'avis qu'il le devait faire, jouissant d'une (( aussi bonne sanlé que celle qu'il a, grâces à Dieu, « et qu'il continuera d'avoir, j'espère, de longues <( années, au moyen de la règle qui s'observe aujour- « d'hui. Quant à ce qui regarde l'étude et les exer- « cices corporels, il n'avance pas autant que je le (( voudrais, et néanmoins je ne pense pas qu'il soit « possible d'apporter plus de soin et de zèle qu'on « n'en apporte ici pour lui enseigner toutes les choses « qu'il doit savoir. Je désirerais beaucoup que Votre <( Majesté trouvât bon de lui faire faire un tour à « Yuste. afin qu'elle le vit, et que, après s'être rendu « compte des obstacles que rencontre son éducation. « elle décidât s'il y a quelque changement à apporter « à la manière dont je remplis ma charge. Pour moi. « jusqu'à présent, je n'y vois rien à changer: mais, « comme je remarque que. bien que S. A. ait à mon « égard tout le respect et toute la crainte possibles, <{ mes paroles ni la discipline, qui lui sont pourtant « fort sensibles, ne produisent pas l'effet désirable, il

« que verdaderamente es tanto que por do Io estragar, lo dejo de referir « â V. M<i. » Le 13 mars suivant, il lui mandait : u El principe nuestro « senor gana rada dia, en entendimiento, valor y prudencia, todo lo « que fe piiede deseur. » ■Archives de Simancas, Efttado, leg. \29.)

32 DON CARLOS ET l'HILIPI'l-; II.

« me naraîl liès-ncecssaire que Votre ^fajeslé voie

« S. A. de j)liis près pendanl quelque temps, ou même

(c j)en(laul peu de jours. Je sais que Voire Majesté

« pourra recevoir des informations bien dillÏMentes

« sur le prince, de personnes qui ne Tobservenl pas

« du même lieu et avec la même sollicitude que moi :

t( parce motif surtout, je souhaiterais que, contrùlanl,

c( de ses yeux, et mon rapport et ceux des autres,

c( elle jugeât à la fois de l'ordre que je suis dans l'ac-

(( complisseiuent de ma charge, et de ce qui devrait

c( être modifié en une chose qui importe tant. Ces

«( jours-ci S. A. s'arme et prend part à des tournois à

c( pied le malin : cet exercice lui fait beaucoup de

« bien. Elle ne monte pas à cheval, parce qu'il me

<( paraît que pour le moment Téquilation ne lui con-

« vient pas Q. »

C) « s. A. ha salido muy bien de la cuaresma, con haber comido la mitad de los dias de cada semana pescado, y aunque harfo contra su volunfad, les paresciô à los médicos que lo debia hacer, con tan buena salud como, a Dios gracias, tiene S. A., y continuando la ôrden con que se trala, espero que la terna muchos aiïos. En lo demàs del estudio y egercicios, no va tan adelanle como yo querria, no embarganle que de todo elio y de las cosas que S. A. debe saber, no entiendo que puede haber mayor cuidado ni diligencia de la que aqui se tiene. Deseo mucho que V. M. fuese servidoque el principe dièse una volta por alla para velle, poique, entendidos los impedimentos que en su edad tiene, mandase V. M. lo que fuera de la orden con que yo le sirvo se deba mudar , en la cual hasla agora no hallo que; pero, conao veo que, con tenerme S. A. el mayor respelo y temor que se puede pensar, no hacen mis palabras, ni la disciplina, aunque le escuece mucho, el efelo que debrian, paréceme muy necesario que V. M. lo viese de mas cerca alguna temporada, sin que fuese de muchos dias. Y porque se cuan diferentemenle pueden informar à V. M. del principe los que no le miran del lugar ni con el cuidado que yo. querria mucbo que V. ^I. por visla se satisficiese

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