‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 28 sur 146 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sexes de divers lieux de la Vieille Casiille : lotis furent enfermés dans les prisons du sainl-olïiee. Des exprès furent envoyés en même lem])s aux frontièies vers la France, alin qu'on s'emparât des personnes ôv. ceux qui allaient chercher un refuge à l'étranger : on arrêta ainsi en Navarre don Carlos de Sesso ou Sesse, gentilhomme italien, mais qui avait été corrégidor de Toro et élait devenu bourgeois de Logrono. ainsi que fray Domingo de Rojas, frère de don Pedro Sarmiento. Un seul de ceux qui étaient en fuite put s'échai)per : il venait de s'embarquer sur un bateau frété par un marchand flamand , à Castro-Urdiales , lorsque les alguazils envoyés à sa poursuite y arrivèrent ('). Plus tard, le résultat des informations des juges du sainlollice donna lieu à de nouvelles arrestations.

Rien ne saurait dépeindre l'indignation et la colère de Charles-Quint, quand on lui annonça que le lulhéianisine avait envahi la Castille. et qu'il y comptait déjà de nombreux adhérents. Lui qui. durant tout son règne, avait ])oursuivi impitoyablement les doctrines et les sectateurs de Luther partout où il avait pu les atteindre, il était condamné, au déclin de sa vie, à les voir triomj)her de ses rigueurs, jusqu'en Espagne, cl au lieu même où siégeaient le gouvernement et les conseils, où le tribunal supiême du sainl-oHicc exerçait une surveillance incessante! Dès ce moment, il n'eut plus de lepos qu'un châtiment

(') RclrailP el mort de Chailcs-Quinl au monaslèrc de YusU-, f. il. rp. iOI, 'il7, iia.

('xeinj)kiire ne fût fait de ces hérétiques. Il écrivit lettres sur lettres à la princesse gobernadora, au secrétaire d'Etat Vazquez, à la reine de Hongrie, au roi son fils; il envoya à Valladolid Luis Quijada , qui était le dépositaire de toute sa confiance, pour sliniuler le zèle de doîïa Juana, du grand inquisiteur, du conseil dEtat. du conseil de Castille, du conseil de la Suprême ('). L'inquisition nayant pu, malgré loute son ardeur, procéder aussi vite qu'il le désirait, il pria son fils, de la manière la plus pressante, dans le codicille qu'il fit quelques jours avant de mourir, et il lui ordonna môme, par l'obéissance quil lui devait comme à son père, de veiller à ce que les coupables fussent punis avec la dernière sévérité, sans exception aucune, sans qu'il se laissât toucher par nulle supplication, sans avoir d'égard particulier pour qui que ce fût (").

Enfin, au mois de mai 1559, les causes des lulhéliens de la Vieille Castille se trouvèrent instruites et dœidées. D'accord avec le roi, l'inquisition jugea qu'il fallait frapper un grand coup, afin de porter l'épouvante dans l'àme de tous ceux qui pourraient être

(') Charles-Quint, etc., par M. Mig.vet, pp. 361 et suiv. — R( traite cl mort (le Charles-Quint, etc., t. I, pp. 288, 289, 293, 294, 297, 301, 304, 30o, 308; t. Il, pp. 386, 410, 416, 43fî, 441, 443, 447, 4o6, 461.

(*) « .... Le rucgo y eiicargo, con loda instancia y vehemeiicia que piiedo y devo, y maudo, como padre que taiito lo quiero, y por la obediencia que me deve, tenga desto grandissimo cuidado,... para que los licrejes sean oprimitlos y castigados cou toda la denioslracion y rigoi-, conforme à sus culpas, y eslo shi ecepcion de persoua alguna, ni admitir ruegos, ni tener respelo à persona alguna.... « (Sa.ndoval, Historia de rnrloa Y, t, IL p. mi.)

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