‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 32 sur 146 · CHAPITRE m, 6S · texte numérisé non relu

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y avait, pour la préséance, entre les villes de Tolède et de Burgos, se renouvela à cette occasion ; la dernière obtint gain de cause, mais sans préjudice au droit que pouvait avoir sa rivale. Le comte d'Oropesa, don Garcia de Tolède, gouverneur du prince, les maîtres d'hôtel du roi, le marquis de jMondejar, jurèrent à leur tour. Le duc d'Albe, qui avait présidé à la solennité, le bâton à l'épaule, en qualité de grand maître de la maison du roi, se présenta le dernier : comme il oubliait d'aller baiser la main du prince, don Carlos le lui fit sentir par un regard plein de mécontentement; il s'aperçut de son inadvertance et vint s'en excuser; le prince l'embrassa. L'archevêque de Séville reçut le serment du cardinal de Burgos. Don Carlos jura, entre les mains de don Juan d'Autriche, de garder les fueros et les lois des royaumes de Castille et de Léon, de maintenir ces royaumes en paix et justice , de défendre la foi catholique de sa personne et de tous ses moyens.

II était trois heures, quand la famille royale rentra au palais, où elle reçut les félicitations des ambassadeurs étrangers (').

« prélatz, les grands, tous l'ung après laultre, jurer et faire l'hom- « maige, et baiser les mains au prince. « Vande>esse était présent. II n'y avait aucune raison de dispenser les prélats du baisemain, et l'étiquette ne le permettait pas.

(*) Vande.nesse, Journal des voyages de Charles-Quint et de Philippe II. — Cabrera, Felipe Il,\i\. V, chap. VII, pp. 246-248.

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imAPlTRE lY

Dépérissement de iJon Carlos. — Les médecins conseillent au roi de le faire chan2;er d'air. — Le roi, après des informations prises à Gibraltar, Malaga et iMurcie, se décide a l'envoyer a Alcala de Henarès. — Descriptiun de celte ville. — Départ de don Carlos pour Alcala. — Heureux effets qu'il ressent de son changement de résidence. — Sa fièvre cesse. — Elle reprend à la suite de quelques imprudences. — Elle le quitte tout à fait. — 11 va assister, au Pardo, a une fête donnée par le roi. — Il devient amoureux d'une des filles du concierge du palais. — II fait une cbule dans un escalier en allant la voir, et se blesse à la tcte. — Les gens de sa maison et ses médecins accourent à ses cris. — Paroles de Quijadaau licencié qui lui met le premier appareil. — Le roi, averti par don Garcia de Tolède, fait partir pour Alcala plusieurs de ses médecins. — Il y vient lui-même, mais il retourne bientôt à Madiid, rassuré par les déclarations des hommes de l'art. — Jugement sur les médecins e.spagnols do ce temps. — Caractère grave que prend la blessure de don Carlos; symptômes alarmants. — Le docteur Oiivarès cherche à tranquilliser le prince ; repartie de don Carlos. — On lui découvre lecràne. — Le roi accourt à Alcala. — Une légère amélioration dans l'état du malade e.st suivie des complications les plus inquiétantes ; il tombe en délire. — Le roi fait dire des prières et faire des processions dans toute l'Espagne ; il appelle un emi)irique de Valence ; il i)rodigue à son fils les soins les plus affectueux. — Dévouement du duc d'Albe, de don Garcia de Tolède, de Quijada et de tous les serviteurs du prince. — Regret exprimé pardon Carlos à son père. — Patience et douceur qu'il montre pendant sa maladie. — Part que l'Espagne entière prend àl'afniction du roi. — Marques éclatantes de la douleur de la reine et de la princesse dona Juana. — Sentiments divers des Flamands, des Italiens, des Portugais, des Français et des partisans de la branche allemande de la mai.son d'Autriche. — Les médeciusdéscspèrent delà vie

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de don Carlos. — Le roi quille Alcala. laissant des instniclions pour les obsèques de son fils au duc d'Albe et au comte de Feria. — Don Carlos est trépané. — On apporte dans sa chambre et on lui fait toucher le corps de fray Diego, religieux de Saint-François. — Soulagement instantané qu'il éprouve. — Fray Diego lui apparaît la nuit, et le rassure. — Arrivée de l'empirique de Valence; application de ses onguents, dont on n'est point satisfait ; il est congédié. — Le roi, instruit du changement inespéré qui est survenu dans l'étal de son fils, revient à Alcala. — Don Carlos perd la vue. — Il la recouvre au moyen d'une opération pratiquée par le conseil de Vésale. — Le roi repart pour Madrid. — Extraction d'un os de la tète de don Carlos. — - Cicatrisation de sa plaie. — Sa convalescence et son rétablissement. — Il va rejoindre la famille royale. — Joie des ■Madiilèiics en le revoyant. — Félicitations adressées au roi par les princes étrangers. — Lettre particulière et compliments de l'empereur à don Carlos. — Ce prince prieson père rlesollicilerdu pape la canonisation de fray Diego.

Don Carlos dépérissail de jour en jour, consumé par la fièvre qui le dévorait depuis plus de deux années déjà , malgré tous les moyens employés pour la combattre ('). La science, à celte époque, n'avait jias à sa disposition ce précieux spécifique, le quinquina, dont la découverte ne se fit qu'un siècle plus tard (-) : les médecins conseillèrent au roi de le faire

(') « .... Se trouvant ledict pouvre prince si affligé et tant exténué, que, s'il ne perl ce mal pour tout cet hiver, la plus saine et commune opinion des médecins siens est qu'il s'en va éthique et sans grande espérance de l'avenir.... « (Mémoire de l'évêque de Limoges pour Charles IX, du 5 septembre 1561.)

(2; Il fut apporté en Espagne, en 1640, par la femme du comte de Cliinchon, vice-roi du Péiou ; on ne le connut en France qu'en 1670. (BoiciiAiiiMT, j\lanuel de matirrr niérliralc.)

changer d'air ; ils étaient d'avis que le prince fût envoyé de préférence dans quelque lieu du littoral de la Méditerranée. Philippe écrivit aux corrégidors de Gibraltar, de Malaga et de Murcie, afin de savoir : i» si la ville où ils habitaient était propre pour la guérison de la fièvre quarte ; 2° quel était son état sanitaire, actuel et précédent; 5° s'il y régnait ou y avait régné des maladies dangereuses ou contagieuses. Les corrégidors devaient réunir les médecins de leur juridiction respective , réclamer d'eux des rapports détaillés sur ces différents points, et les lui transmettre avec la plus grande diligence (').

Nous ne connaissons pas les réponses que firent au roi les corrégidors de Murcie et de Malaga ; mais celle du corrégidor de Gibraltar était entièrement satisfaisante (-). Philippe, à qui il en coûtait sans doute d eloigner de lui son fils, objet encore en ce temps-là de ses affections, ne se décida pour aucune des villes que nous venons de nommer : il choisit Alcala de Henarès, qui lui avait été recommandée aussi, se réservant d'envoyer don Carlos aux bords de la xMédi terra née, si plus tard cela était jugé indispensable (^).

{') Coleccion de documenlos inéditos para la historia de Espaiïa, etc., t. XXVI I, p. 207. La lettre est du 4 3 septembre 156i.

(*) Elle est dans la Coleccion de documenlos inéditos, etc., t. XXVII. p. 208.

(') Il écrivait au cardinal de Granvelle le 6 octobre 4 561 : a .... Yo « voy previniendo todo lo nece.sario para la yda a Monçon al verano, « aunqueeula indi-sposicion del principe nobay mejorîa, que vienemal « é propôsito , siendo tan larga y tomàndole en tal edad ; y todavi'a, « porque no quede nada por provar, le embio agora â Alcala, que dizen » que es para aquel mal mejor lugar que e.ste ; y si asi no se hallare

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