CHAPITRE V. ^\i
que les rapporls les plus indispensables. Les principes de ce dernier dans les malières religieuses, les complaisances qu'il montrait pour les novateurs ('), devaient élargir encore la barrière qui les séparait. Quoiqu'il se fit dire la messe et quïl observât la plupart des pratiques de l'Eglise romaine, Maximilien laissait douter s'il était plus catholique que prolestant. il avait pour prédicateur un prêtre marié et père de plusieurs enfants , lequel soutenait publiquement les doctrines de Luther; il évitait les occasions de se montrer dans les processions, aux offices des morts et à d'autres cérémonies où sa présence eût pu être interprétée comme une preuve qu'il avait l'esprit catholique. Les principaux de sa cour, son grand maître surtout, qui jouissait de beaucoup d'influence auprès de lui, étaient connus pour luthériens (-).
Cependant les répugnances personnelles devaient
« mano li suoi pensieri insieme, et sopra moite cose si consigliano.... » (Bibliothèque impériale à Paris, MS. Saint-Germain-Harlay 277, t. II, fol. 316.)
(') « A tutte leuovitache gli vengono messe inanzi, egli dà l'orecchie.... 0 (Relatione del clarissimo messer Paolo Tiepolo.l
(*) « .... Ha nome di saper meglio che alcun' altro dissimulare, et trattenersi con chiascuno : perô non si alienando in tutto da' catholici, si ha guadagnato una gran gratia con liitherani, p'erciochè dall' un canto ritieue la messa et gran parte délie cerimonie délia chiesa romana, dall' altro usa per predicatore un prête maritato con alquanti figliuoli, il quale publicamente predica quasi tutta la dottrina da Luther ; et da un tempo in quà ha fuggito l'occasione di ritrovarsi a processioni, ad ofïicio di morti et ad altro che potesse dar giuditio certo che l'animo suo fosse catholico, et li principali délia sua corte, massime il maggiordomo, che appresso di lui puo grandissimomente, sono conosciuti da ciascuno per lufherani.... » {Ihid.)
finir pal* céder aux nécessités de la politique et à I intérêt commun des deux blanches de la maison de Habsbourg.
Bien que la plupart des électeurs fussent décidés à n'avoir aucun égard au pacte de 1551 fait entre Charles-Quint, Ferdinand et Maximilien sur la succession à l'Empire. Maximilien ne pouvait se dissimuler que sa signature placée au bas de ce pacte constituait un engagement qu'on serait en droit de lui opposer, quand il briguerait la dignité de roi des Romains. Il était donc dune haute importance pour lui que Philippe II se désistât de toutes prétentions fondées sur la convention d'Augsbourg, et que ce monarque secondât ses démarches en Allemagne , au lieu de les traverser. En outre, il avait une nombreuse famille, pour l'établissement de laquelle il comprenait le prix qu'il devait attacher à la bienveillance de son beau-frère.
De son côté , Philippe II avait des motifs sérieux de désirer que de meilleurs rapports sétablissent entre lui et Maximilien. Les Pays-Bas lui causaient de graves soucis; il y régnait un sourd mécontentement; déjà même des symptômes peu favorables au maintien de Tatitorité royale et de la religion s'y manifestaient, et l'état de la France ainsi que de r Angleterre lui faisait craindre que ces deux puissances ne cherchassent à y fomenter l'esprit de trouble et de rébellion. Il sentait ainsi le besoin de se créer des amis en Allemagne , et il n'ignorait pas en quelle haute estime était Maximilien auprès des peu-