‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 50 sur 146 · CHAPITRE V. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. H

pies et des princes de la Germanie ('). Il savait également que le concours du roi de Bohème pouvait contribuer beaucoup au succès du concile qui venait d'être convoqué à Trente, et dont il se promettait d'importants résultats.

Les choses étaient donc toutes disposées pour un rapprochement entre les enfants de Ferdinand et de Charles-Quint.

Ce fut Philippe qui prit l'initiative. Sur la fin de 1560, il écrivit à Maximilien une lettre pleine d'expressions affectueuses et de paroles de confiance : il l'y entretenait des questions religieuses qui étaient à l'ordre du jour- il avait soin aussi de lui parler d'autres choses propres à l'intéresser plus particulièrement, comme du mariage de sa seconde fille, l'archiduchesse Elisabeth, avec le roi don Sébastien de Portugal^. Cette lettre devaitlui être remise par l'ambassadeur d'Espagne à Vienne, don Claudio Fernando de Quiiïones, comte de Luna, qui était chargé d'en amplifier le contenu. Il était autorisé, de plus, à satisfaire le roi de Bohême sur les conséquences de l'acte de 45SI , au cas qu'il en fût question.

Philippe souhaitait ardemment que Maximilien envoyât les deux aînés de ses fils en Espagne : il au-

(') Paolo Tiepolo disait de lui, en iSS? : « Nella Germania è celebralo « per rarissimo principe, et havuto in grandissima existimatione et « reverenza. » (Relation déjà citée.)

P) Cette lettre nous manque malheureusement ; elle n'est pas aux Archives de Simancas. Le sens de ce qu'elle contenait ne nous est connu que par la dépèche du comte de Luna , du 29 janvier io&i , dont il sera question plus loin.

rail ainsi des gages de rainilié de leur père; il ferait en sorte qu'ils s'imprégnassent d'idées et de sentiments espagnols, ce qui ne devait pas être ditTicile, puisque l'un. Rodolphe, comptait huit ans à peine, étant né en 1552, et que l'autre n'en avait que sept ; enfin — et cela était à ses yeux d'un intérêt capital — leur séjour à Madrid les préserverait des doctrines pernicieuses qui n'avaient que trop cours en Allemagne. Il fit faire une insinuation, dans ce sens, à don Martin de Guzman, ambassadeur de Ferdinand à sa cour ('). Il en écrivit vraisemblablement aussi à la reine, sa sœur.

Maximilien fut louché de la leltre de son beaufrère : le caractère de ce prince était tel qu'avec des paroles amicales et douces on pouvait beaucoup sur

(') C'est ce qui résulle d'une lettre du duc d'Albe à Philippe II que nous avons sous les yeux. Dans cette lettre, qui est datée du23juin1S68, le duc donne son avis sur la forme en laquelle le roi doit répondre à l'empereur Maximilien, qui réclamait le retour de ses fils en Autriche. Il s'exprime ainsi :

« Pues he començado esta materia , no dejaré de decir à V. M. el camino que me paresce que, tratando de sus hijos, al emperador se le podria responder, para seguir el mismoque se luvo para harerles enviar à V. M., porque creo fui yo solo à quien V. M. mandô que lo tratase ; que meacuerdo que apretô Martin de Guzman mucho en que se resolviese V. M. luego en el casamiento de Su Alteza con la priiicesa Ana ; y Janto paia desviar enlonces aquella platica ciianto para ver si se podria salir con traer los principes d Espana, me mandô V. M. que le dige>e que V. M. atendia muy atentamente al bien de ambas casas, y que miraba las cosas por venir para la conservacion délias, y queriendo prévenir ;i muchas cosas de las que podrian suceder, y que à todo lo que a esto convenia cra que sus hijos fuesen conoscidos en Espana ; y en el hablarle yo , aunque las palabras fueron eslas en el semblante, le di fombras grandes de que él se empiefiô tanto que vino à hacerseel efeclo de ambos sus hijos.... » (Arch. de Simancas, Eslado, leg. 339.)

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