‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 89 sur 146 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

f( OU en Flandre. Ces motifs ont une certaine appa- « rence de fondement; mais je vous dis que, comme c< le démontre l'expérience, une semblable combi- (( naison peut avoir des inconvénients très-graves, et « auxquels il serait difficile de remédier, au point de « vue du gouvernement, aussi bien que par rapport « au bonheur du prince et à la tranquillité de son u père. Je n'insiste pas sur ces considérations parti- <( culières : le roi est doué d une telle prudence, qu'il « les appréciera mieux que personne ('). »

(') « Mas dijome : Hablando con vos, conde, en confidencia, y para « que no saïga de aqui, os hago saber que yo me muevo à este, porque « de Flandes y de Italia me escriben que se trata este casamiento con la « sereni'sima princesa de Portugal, y que la plâtica iba tan adelanteque " se habia enviado por la dispensaciou à Roma.... Y por esta la hago, « y por parecerme que, aunque la princesa sea tal persona que no baya « masque pedir en ella, tengo por mas à propôsito y mas conveniente « para el principe el de mi nieta, ansi por la conformidad de las edades, " y porque con ella se toman en estas partes mas deudos y amigos, que, a aunque al présente no parece que sean menester, importa el confir- « mallos paralo deadelante, y queaquestos no se toman con la princesa; « y que tambien Ueva al principe diez ù once anos, que para Ilevarlos la « muger al hombre es mucho, porque cuando él veuga à ser hombre, « sera ella entrada en dias, que no es poco inconveniente; y después el « deudo tan grande, que parece no se que casar con persona à quien se « debe el respeto de madré; y que aunque la princesa sea muy hermosa, « creo que la ynfanta no dejarâ de contentar à los que la vieren. Las « causas que escriben que al rey le mueven 6 le podrian mover à hacer « este casamiento, dicen que son que el principe es moço , y que la « persona es muy bastante y le podria ayudar â gobernar, y que en su « compaîiia le podria 6 dejar en Espana, 6 enviar â Ytalia 6 Flandes ; y « aunque esto tiene una color y aparencia, os digo que la? mas veces « suele traer grandes inconvenientes, y que se pueden remediar muy « mal, ansi para lo que toca al gobierno como para lo que toca al con- « tentamiento del principe, como tambien para lo que toca al descanso o y sosiego de su padre. Y porque el rey es tan discreto que todo lo

-Oi- DON CAHLOS ET PIIlLIPPt: II.

Le comlc de Luna ne répliqua rien ; il était sans instructions. II rendit compte au roi de tout son entretien avec l'empereur, en l'accompagnant, de quelques réflexions pour lesquelles il sollicitait l'indulgence de son maître. Selon lui, le roi ne devait actuellement ni s'engager ni engager le prince, car, d'un moment à l'autre, il pouvait se présenter une occasion qui fut plus avantageuse à sa couronne et à la grandeur de sa maison : objet que devait avoir principalement en vue un souverain si puissant, et qui était si près de parvenir à la monarchie universelle ('). « Ce qui me fait dire ceci, — ajoutait-il — c'est qu'on « lient pour certain que la reine d'Angleterre ne peut « avoir d'enfants, qu'elle a peu de santé , et qu'à son « défaut, la reine d'Ecosse est héritière de ce royaume. « S'il en était ainsi, la chose vaudrait la peine qu'on " y regardât. Un point à considérer encore, c'est que K les Guise, oncles de la reine dEcosse, sont les a hommes les plus catholiques de France, qu'ils sont <i détestés et maltraités de Vendôme ("), dans les «( mains duquel est aujourd'hui le gouvernement, et « qui le conduit de manière à n'en faire attendre que <« les plus fâcheux résultats. Tout cela, j'en suis

.. entenderâ tan bien como se lo sabra nadie decir, yo no quiero tratar « destosparticulares. « (Lettre du comte de Luna, du 19 janvier 4562.)

(') a .... Pues de una hora â otra se podria ofrecer cosa que fuese mas â prnpôsito de los Estados de V. M. y de la grandeza de su sucesion, con que principalmente se ha de tener cuenta , especialmcnte un rey tan grande como V. M. y que tan propinco esta à la monarquia del mundo. » \lbi'l.)

(^) Antoine de Bourbon, roi de Navarre.

CnAPITRI- VMF. \96

< assuré, V. M. l'aura déjà pesé dans sa sagesse et ( sa prudence ; l'occasion, quand elle s'offrira, la ( trouvera en mesure d'en profiter, et, quand il en ( sera temps, elle accomplira ce qu'elle est obligée de ( faire comme prince si catholique et si valeureux. ( Pour cette entreprise, elle doit se fier en ses forces, c et non en des alliances, ni en des promesses qu'on ( lui fait peut-être sans avoir l'intention de les accom- ( plir C). »

Don Martin de Guzman, ayant reçu le courrier de 'empereur, demanda audience au roi catholique, et ui fit la communication dont il était chargé. Phiippe II, suivant sa coutume, prit un délai pour répondre. Le 7 mars , le duc d'Albe dit, de sa part, à ambassadeur de Ferdinand « que Dieu savait s'il y avait quelque chose en cette vie qu'il désirât plus et qui pût lui donner plus de contentement que de c voir son fils avec une compagne telle que la prin-

H « He querido decir esfo, porque se tiene por cosa cierta que la reina de Ynglaterra do puede baber hijos, y que tiene poca salud, y que en su defeto la de Escocia es sucesora de aquel reino; que si aquesfo fuese, no séria de dejar de mirar en ello, y tambieu en que los de Guisa, sus tios, son los mas catôlicos que hay en Francia, y son aborrecidos y maltratados de Vandoma, en cuya mano esta agora el gobierno, el cual le lleva por un camino de que no se puede esperar menos de que las cosas de aquel reino han de dar al través. Todo lo cual tengo por cierto que V. M., como principe tan sabio y prudente, tiene bien considerado, y muy prevenido estarà à la mira para no perder la ocasion, cuando se ofreciere, yfuere tiempo de hacer lo que, como principe tan calôlico y valeroso, fuese obligado ; para lo cual se ha de hacer fundamento en sus fuerzas, y no eu ligas ni otras ofertas, que se puede sospechar que son mas para meter à V. M. en necesidad que para cumplirias. » (Dépêche du comte de Liina, ci-dessus citée.)

« cesse Anne . tant pour la naissance de celte prin- <( cesse, et parce qu'elle était fille de princes auxquels (« il avait voué une si vive affection , que pour le <( respect et l'amour filial qu'il portait à l'empereur, « mais que lïndisposition du prince d'Espagne était « dans les mêmes termes que par le passé ('); que sa <( faiblesse était toujours extrême, et que la maladie « Tavail tant travaillé qu'il n'avait pu prendre sa «( croissance, ni se développer selon son âge, comme « Martin de Guzman lui-même en était témoin Q. » Le roi était donc, pour le moment, dans l'impossibilité de se résoudre sur le mariage de son fils; il suppliait l'empereur de ne pas s'en formaliser, en l'assurant que ce point et toutes les autres affaires qui leur étaient communes seraient réglés d'accord avec lui, après un plus mùr examen, et pour le plus grand bien de leurs deux maisons {^).

Philippe envoya copie de cette réponse au comte

(1) Voy. p. 190.

(^) « .... Que Dios sabia si havia cosa en esta vida que él masdesease, ni de que mas contentamiento pudiesse recibir , que de ver à su hijo en tal compania, assî por ser hija de taies padres â quien él ama tanto, como por la observancia y amor de liijo que tiene al emperador, mas que la indisposicion del principe se e.stava en los mismos termines que por lo passado, y la flaqueza tan grande que la enfermedad le ténia tan opprimido que no le dexava medrar en la disposicion , ni mostrar los otros effectos que se requerian à su edad , como el mismo Martin de Guzman lo havia visto y sabia.... » {Respvesta quediô el duque de Alba à Martin de Guzmaii, en Madrid, â 7 de marzo '1362, dans la Coleccion de documentos inéditos para la lùstoria de Espatla, t. XXVI , p. .'i-98.)

f) « .... Assi suplicava â Su Magestad Cesarea tomasse à buena parte esta dilacion, pues era para hacerlo con mas comunicacion, y encaminarlo para mayor bien de todos. ■' {Ibid.}

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