‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 90 sur 146 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de Lima, afin que, clans ses rapports avec l'empereur, il y conformât ses discours. En même temps, il l'initia aux secrets de sa politique : « Il faut que vous sachiez « — lui écrivit-il — qu'il importe au bien de mes « affaires et de la chrétienté de tenir le prince libre » de tout engagement, pour beaucoup de raisons, « jusqu'au moment même où son mariage devi'a avoir « lieu. Tel est mon but, et ce qui convient pour nous « tous ('), » Il l'autorisa aussi à dire et à certifier à l'empereur que les renseignements qu'on lui avait donnés touchant le mariage du prince avec sa tante étaient inexacts ; que jamais ce mariage n'avait été dans la pensée du roi. Enfin il lui recommanda de faire en sorte que S. M. I. patientât jusqu'à ce que la santé du prince fût rétablie, et qu'on vît la tournure que prendraient les affaires publiques et celles de la maison d'Autriche : ce délai tournerait à leur avantage commun-, lorsque le temps en serait venu, ils verraient ce qu'ils auraient à faire. S. M: I. pouvait s'assurer d'ailleurs que le parti auquel, de son côté, il se déterminerait, lui serait dicté par son respectueux attachement pour elle, ainsi que par son désir de complaire au roi , son beau-frère, et à sa sœur (").

(') « .... Por demàs de aquello, es bien que entendais que al bien de mis negocios y de la cristiandad conviene tener al principe libre , por muchos respectes , y no prendalle hasta el mismo tiempo en que se huviere de casar; y este es mi fin y lo que oonviene para todos.... « (Lettre du 10 mars 1562, dans la Coleccion de documenlos inéditos, etc., t. XXVI, p. 445.)

;^) « Por lo que decis que Su Magestad Cesarea se da priesa en lo que toca à este casamiento, por lo que ha entendido y le avisan de algunas

A l'empereur, qui lui avait écrit de sa main ('), Philippe répondit en se référant à ce que don Martin de Guzman et le comte de Luna lui déclareraient : « C'est — lui disait-il — ce qui convient au bien de « tous; et V. ]\I. doit le prendre ainsi, puisqu'elle « doit être persuadée que, si j'agis de la sorte, ce n'est (i pas faute d'amour réciproque pour V. M., ainsi que « pour mon beau-frère et ma sœur, ni parce que je « méconnaîtrais tout ce que vaut pour mon fils une « compagne telle que l'archiduchesse ('). »

Le comte de Luna comprit et remplit parfaitement les vues de son maître. L'empereur, cette fois, ne fit nulle objection : il écrivit, de sa main, au roi catholique qu il demeurait satisfait des explications données à son ambassadeur: qu'il espérait que le prince recouvrerait la santé, et qu'alors le roi se ressouviendrait de sa petite-fille (^).

parles que se trata de casalle con la princesa mi hermana, y que se havia embiado à procurai- la dispen&acioii, podreis dezir y cerlificar à Su M<i que no es asî, ni nunca me pasô por pensamiento, y que, hasta que el principe esté en buena disposicion, y veanios como se encaminan los negocios pûblicos y les de nuestra casa, pues todo ha de reduudar en beneficio comun, Su M<i se debe contentar desta dilacion ; que à su tiempo veremos lo que mas convernâ, y yo, por mi parte, lo miraré con el amor y observancia que le tengo à él, y el deseo de complazer à mis hermanos.... » (Lettre du 10 mars 1562, déjà citée.)

(') Le 1 4 janvier 1562. Voy. la note 2 à la page 190.

{^] « .... Es lo que convienc al bien de todos , y asi lo debe tomar V. iM., pues no queda por falta decorre.spondencia di> araor qiieyo lenga à V. M. y à mis hermanos, ni por dcjur de conocer la calidad de tal compafiia.... « (Lettre du 12 mars 1562, Coleccion de docuineiUos inédilus, etc., t. XXVI. p. 420.)

(^) « Senor,.... tambien recebi anteyer larde la otra carta de V. A. de

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