‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 112 sur 170 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

que la reine d'Ecosse avait en Angleterre ? Lethington et lui s'étaient confié mutuellement, et au long, tout ce qu'ils savaient à cet égard : c'étaient les mêmes individus qui avaient parlé à l'un et à l'autre, qui les avaient engagés à proposer le mariage de la reine avec le prince d'Espagne, qui leur avaient offert leur concours, qui leur avaient donné la liste des personnes d'autorité, catholiques et autres, prêtes à soulever le

peuple pour le service de ladite reine Après de

pareilles confidences, il n'était pas douteux qu'ils n'envisageassent une telle demande comme ayant pour but

de les amuser En outre, leur défendre de donner de

la publicité à cette affaire, c'était faire naître en eux le soupçon que le roi ne pensait pas à la conclure; de cette publicité, en effet, dépendaient la considération de la reine et la manifestation des volontés de ses adhérents, lesquels, sans cela, n'oseraient jamais se découvrir. Quant aux inconvénients qui en pourraient résulter , Lethington , avec qui il en avait parlé souvent, était d'avis qu'on y remédierait, en tenant la conclusion secrète jusqu'au moment où le roi serait en mesure de soutenir ce qui serait conclu, et de mettre à exécution ce qu'il y aurait à faire : bien entendu

que la reine aurait la certitude de cette conclusion

En procédant de la sorte, l'évêque était persuadé que tout irait bien. En suivant les instructions qu'il venait de recevoir, il craignait que la reine et ses ministres ne s'imaginassent qu'on voulait se jouer d'eux , qu'ils n'en conçussent de l'indignation, que ceux qui étaient divisés dans son royaume ne se rapprochassent pour

agir dans un but commun, qu'enfin tout cela n'eût de mauvaises suites ( l ).

( l ) « Digo que la comision que S. M. me dâ en este negocio no es taa eficaz ni tanresoluta como séria menester.... Para enfermedad tanpeligrosael remedio me paresceflaco.... Cuando vean agora que en lugar de respuesta se les hace una protesta tan incierta, no se si la tendrân por negativa, ô lo que pensarân dello, porque pedirles yo que me den informacion de las inteligeucias que aquella reyna tiene en Inglaterra, para que yo pueda avisar délias a S. M. y darle mi parescer, estas son todas cosas que Ledinton sabe que estan hechas, porque él me ha dicho à mi sus inteligencias, y yo no ne podido esconder de las mias, porque las mismas personas que me han hablado à mi y hecho instancia que yo prtpusiese a S. M. este negocio, las mismas le han bablado a él, y ofrecîdosele y persuadidole â este casamiento, y aun dâdole lista de todas las personas, tanto catôlicas como otras, que tienen alguna auctoridad en este reyno, y que podrian mover gente en servicio de aquella reyna.... Yo no dudo sino que le parescerâ entretenimiento el pedirle agora cuenta de cosas de que tan largamente él y yo habemos platicado.... Tras esto, el haberles de prohibir que no se aprovecben de la publication deste negocio, les darâ manifiesto argumento de que S. M. no esta con pensamiento de concluirlo, dependiendo desta publication toda la réputation de aquella reyna, y el poder deducir en acto las vol un tades de sus aficionados, los cuales sin esto jamâs osarân descubrirse. Y cuanto a lo que S. M. dice en su carta de los inconvenientes que desta publication se seguirian, y que se estragaria el fruto que deste casamiento se podria espéra r, si esto se publicase, le pareceâ Ledinton, con quien he bablado destos artas veces, que a todo se podria remediar con tener sécréta la conclusion dél hasta tanto que S. M. estuviese a punto para j un ta mente con publicarse sustentar lo hecho y meter en egecucion lo que se hubiese de hacer ; pero este aguardar habria de ser, como él dice, estando la reyna segura de la conclusion.... Yo para mi creo que haciéndose desta manera, y acudiendo S. M. à esta ocasion con las fuerzas y consejo necesario, no habria que dudar sino que, con la ayuda de Dios, todo sucederia bien. Al contrario temo que, por esta via que se me ordena que tome, no les démos ocasion de sospechar que nuestro negocio sea entretenimiento, y que esto no les cause alguna indignacion que haga juntar â los que agora estân divididos, y que al fin nos produzga algun mal efecto.... » (Lettre de Tévêque d'Aquila au duc d'Albe, du 47 juillet 4563, déjà citée.)

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