CHAPITRE IX
fait bâtir ce somptueux monastère. Là il ne s'entourait que d'un petit nombre de ses serviteurs, ne recevait les ambassadeurs étrangers que dans des occasions extra* ordinaires et pressantes, et ne communiquait avec ses propres ministres que par écrit ('). On se tromperait pourtant, si l'on s'imaginait qu'il allât chercher dans ces résidences un repos absolu de l'esprit : loin de là. il y travaillait plus encore peut-être qu'en son palais de Madrid ( 2 ).
Il entretenait des bouffons dont il s'amusait quelquefois dans sa chambre; c'était d'eux, car ils s'introduisaient partout, qu'il apprenait les faits et gestes des personnes de sa cour : il était extrêmement curieux de renseignements de ce genre ( 3 ).
t 1 ) Ama sopraogni cosa la quiète e l'ozio, del tutto lontanodai negozi, i quali quanto sia possibile fugge ed abborrisce. Perô, cosl spesso, si parte air improvviso , fuori délia espettazione di ognuno , alcune volte innanzi giorno, con soli cinque o sei in compagnia, dal loco dove sta la corte, e si ri tira in solitario, dove ha le sue delizie, e consuma il tempo in una estrema tranquillité e riposo, senza voler udir cosa che gli dia impaccio o pensiero.... » (Relation de Paolo Tiepolo, déjà citée, p. 64.) — Voy. aussi la relation de Sigismondo Cavalli, déjà citée, p. 482.)
( 2 ) L'ambassadeur Fourquevaulx écrivait à Charles IX le 30 novembre 4567 : « Quand il s'esloingne ainsi de la multitude, c'est pour mieulx « adviser à ses négoces , car il n'est jamais oisif , ni plus attentif à ses « affaires qu'estant seul en ses maisons des champs. » La chose est confirmée par Hopperus , qui en pouvait parler plus pertinemment encore. Voici ce qu'il mande à Viglius, dans une lettre du 2 novembre 4569 : « Rex nondum ex agro reversus est; sed hac septimana spe- « ramus ad futurum. Et vero eum morem habet, ut, sive adsit, sive non « adsit , ne minimam quidem partem temporis , in rébus cum summa « diligentia administrandis, amittat ; nec quidquam ad illum prescri- « bimus tam parvum ad quod non con tin uo sua manu respondeat. » (Joachim Hopperi epistolae ad Viglium, p. 445.)
( 8 ) « È amicissimo di certa sorte di buffoni , con i quali si trattieue
Il étail très-adonné aux femmes ('). Si Ton en croit un écrit fameux , lorsqu'il épousa la princesse Marie de Portugal, un mariage secret le liait à dona Isabel Osorio, de laquelle il avait plusieurs enfants ( 2 ). Pendant son séjour aux Pays-Bas, il avait eu une fille d'une jeune Bruxelloise ( 3 ). Après son retour en Espagne, il vécut, pour ainsi dire, publiquement avec dona Eufrasia de Guzman, dame de la princesse sa sœur, qu'il fit épouser au prince d'Ascoli, dans le temps qu'elle était enceinte de son fait ( 4 ). Elisabeth
aile volte, ed è curiossimo di saper tutti gli andamenti délie persone di qualité délia corte, e si serve per lo più di loro per istrumentodi questa sua curiosité, poichè s'intromettooo da per tutto.... » (Relation de Matteo Zane, déjà citée, p. 364 .) — Voy. aussi les relations de Federico Badoero, de Paolo Tiepolo et de Francesco Vendramino, dans les Relazioni, etc.
t 1 ) « Nelli piaceri délie donne è incontinente.... » (Relation de Federico Badoero, de 4557, Rela2toni, etc., série I, t. III, p. 234). — - « GFintertenementi suoi sono...., ma più di tutto le donne, délie quali mirabilmente si diletta, e con loro di nascosto ben spesso si ritrova.... » (Relation de Paolo Tiepolo, déjà citée, p. 63.) — « Molto ama le donne, coq le quali spesso si trattiene nei detti luoghi del Pardo et di Aranguez. » (Relation de Giovanni Soranzo, déjà citée, p. 444.)
(*) Apologie de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, p. 38 de l'édition originale de Leyde.
(*) « Ha avuto, essendo in Fiandra, con una giovane die Brusseles, una figliuola, la quale fa nutrire in quei paesi molto secretamente.... » (Relation de Giovanni Soranzo, 1 c.)
( 4 ) Apologie de Guillaume de Nassau, 1. c. — « Dopo che si ritrova in Spagna, ne ha avuta un* altra (figliuola) con donna Eufrasia de Guzman, cbe era dama délia principessa sua so relia, e ha ma ri la ta la madré nel principe d'Ascoli con dote onorata, etc.... » (Relation de Giovanni Soranzo, 1. c.)
L'évoque de Limoges écrivait à Catherine de Médicis, le 3 juillet 4564 : « Le roy est à son plaisir, pour les chasses, qu'il a proches, et assez « d'autres bonnes cognoissances en ceste ville, qui pour cela ne le font « pas estre mauvais mary, car il est des bons du monde. •