‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 167 sur 170 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

user de même envers tous hérétiques , de quelque qualité qu'ils fussent, sans négligence ni dissimulation ( l ). II lui déclarait qu'il avait ressenti, jusqu'au fond de l'âme, ce qui s'était passé dans le sein du conseil au sujet de l'inquisition, et l'idée qui y avait été émise d'en restreindre l'exercice, en un temps où elle était plus iiécessaire que jamais ( 2 ) : « Croyez , « lui disait-il, que je ne le souffrirai point, et que « cela ne convient ni au service de Dieu, ni au mien, « ni au bien des Pays-Bas.... Tenez aussi pour certain « qu'on vous abuse, en cherchant à vous persuader « que la rigueur de l'inquisition entraînera de grands « inconvénients : si les inquisiteurs ne procédaient « pas conformément à leur charge, les maux qui en « résulteraient seraient bien plus grands et se feraient « sentir plus vite. Vous comprendrez par là qu'il ne « saurait être question de leur donner de nouvelles « instructions, comme vous le proposez, mais qu'il « importe, et de cela je vous en prie aussi instam- « ment que je le puis, que vous les favorisiez, hono- « riez et animiez , sans les mander pour chaque « vétille, car cela les décourage et leur fait perdre « toute autorité ( 3 ). En outre, vous devez enjoindre aux

(') « .... Y asi es mi volundad que se fyaga justicia agora en Jos que entonces lo mandé, y en los déniés bereges que se prend ieren, de qualquier calidad que sean, y que do haya en ello descuido pi disimulacion.... » (Lettre du 20 octobre.)

(') « .*... No puedodexar de deciros.... lo muebo que be sentido, y me ha llegado al aima, de lo que ay se ba bablado en lo de la inquisition,... y que agora, que hay mayor uecesidad, se afloxe en ello.... » (Ibid.)

( 8 ) Ceci était une allusion à ce que la duchesse lui avait écrit le

« juges séculiers, non-seulement de ne pas les entra-

« ver dans l'accomplissement de leurs fonctions, mais

• « encore de leur prêter toute aide et faveur ('). »

Il écrivit, de sa main, à la duchesse, afin d'appuyer sur ce qu'il attendait d'elle pour le maintien de la religion ( 2 ). « Sans la religion, » — lui mandait-il dans sa dépêche en français qui devait être communiquée au conseil — « mes pays de delà ne vauldriont « riens. »

Les résolutions du roi ayant été communiquées aux gouverneurs et aux conseils de justice, « c'est « chose incroyable » — dit un historien, témoin des faits qu'il raconte — « quelles flammes jecta le feu « auparavant caché soubz les cendres ( 3 ). » Des murmures s'élevèrent de tous les points des Pays-Bas.

22 juillet, que, sur des plaintes du sieur de Mansart, gentilhomme de Tourriay, elle avait appelé les inquisiteurs à Bruxelles. Voy. Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 364.

(') « Vos haveis de créer que no lo he dé sufrir, ni conviene al servicio de Dios ni al mio ni al bien de aquellos Estados.... Y tened por cierto que no es como os informan, que se deve temer que succederân tantos danos é inconvenientes del rigor de la inquisicion, si no que succederân muy mas presto y muy mayores, si se dexa de procéder por los inquisidores como toca à sus officios, y que no conviene. por agora mover la plâtica que dezis de dalles nuevas ôrdenes é instrucciones, antes conviene, y assi os lo ruego con todo el encarescimiento que puedo, que vos los favorescais, bonrreis y animeis, y no los hagais venir ay por cada cosilla que se offreciere, porque esto es desanimarlos y quitarlos el auctoridad.... Y demés desto haveis de mandar scrivir â los juezes seculares que no sotamente no les estorven en el exercicio de sus officios, mas antes les den todo favor y ayuda para ello.... » ( L'ettre du 20 octobre.)

(*) Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 374.

( 3 ) Hopperus, Mémorial, 2* partie, chap. VIII.

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