CHAPITRE II
plus dignes de foi nous peignent le prince sous des couleurs un peu différentes. Don Garcia de Tolède écrivait à l'empereur le 13 avril 1S58 : « Le prince a « très-bien passé le carême,,pendant lequel il a mangé « du poisson la moitié des jours de chaque semaine ; « quoiqu'il y fût fortement opposé, les médecins « furent d'avis qu'il le devait faire, jouissant d'une « aussi bonne santé que celle qu'il a, grâces à Dieu, « et qu'il continuera d'avoir, j'espère, de longues « années, au moyen de la règle qui s'observe aujour- « d'hui. Quant à ce qui regarde l'étude et les exerce cices corporels, il n'avance pas autant que je le « voudrais, et néanmoins je ne pense pas qu'il soit « possible d'apporter plus de soin et de zèle qu'on « n'en apporte ici pour lui enseigner toutes les choses « qu'il doit savoir. Je désirerais beaucoup que Votre a Majesté trouvât bon de lui faire faire un tour à « Yuste, afin qu'elle le vît, et que, après s'être rendu « compte des obstacles que rencontre son éducation, « elle décidât s'il y a quelque changement à apporter « à la manière dont je remplis ma charge. Pour moi, « jusqu'à présent, je n'y vois rien à changer; mais, « comme je remarque que, bien que S. A. ait à mon « égard tout le respect et toute la crainte possibles, « mes paroles ni la discipline, qui lui sont pourtant « fort sensibles, ne produisent pas l'effet désirable, il
a que verdaderamente es tanto que por no lo estragar, lo dejo de referir « a V. Ma. » Le 43 mars suivant, il lui mandait : « El principe nuesfro « senor gana cada dia, en entendimiento, valor y prudencia, todo lo « que se puede desear. » (Archives de Simancas, Estado, leg. 429.)
« me parait très-nécessaire que Votre Majesté voie « S.A. de plus près pendant quelque temps, ou même « pendant peu de jours. Je sais que Votre Majesté « pourra recevoir des informations bien différentes « sur le prince, de personnes qui ne l'observent pas « du même lieu et avec la même sollicitude que moi : « parce motif surtout, je souhaiterais que, contrôlant, « de ses yeux, et mon rapport et ceux des autres, a elle jugeât à la fois de l'ordre que je suis dans l'ac- « complissement de ma charge, et de ce qui devrait « être modifié en une chose qui importe tant. Ces . « jours-ci S. A. s'arme et prend part à des tournois à « pied le matin : cet exercice lui fait beaucoup de « bien. Elle ne monte pas à cheval , parce qu'il me « paraît que pour le moment réqui talion ne lui con- « vient pas (/). »
(') « S. A. ha salido muy bien de la cuaresma, con haber comido la mitad de los dias de cada sema n a pescado, y aunque harto contra su voluntad, les paresciô a los médicos que lo debia hacer, con tan buena salud como, â Dios gracias, tiene S. A., y continuando la ôrden coo que se trata, espero que la ternâ muchos anos. En lo dénias del estudio y egercicios, no va tan adelante como yo querria, no embargo nie que de todo ello y de las cosas que S. A. debe saber, no entiendo que puede haber mayor cuidado ni diligencia de la que aquî se tiene. Deseo mucho que V. M. fuese servido que el principe dièse una volta por alla para velle, porque, entendidos los impedimentos que en su edad tiene, mandase V. M. lo que fuera de la ôrden con que yo le sirvo se deba mudar, en la cual hasta agora no hallo que; pero, como veo que, con tenerme S. A. el mayor respelo y temor que se puede pensar, no hacen mis palabras, ni la disciplina, aunque le escuece mucho, el efeto que debrian, paréceme muy necesario que V. M. lo viese de mas cerca alguna tempo rada, sin que fuese de muchos dias. Y porque se cuan diferen te mente pueden informar â V. M. del principe los que no le miran del iugar ni con el cuidado que yo, querria mucho que V. M. por vista se satisficiese