‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 23 sur 170 · CHAPITRE IJ. h · texte numérisé non relu

CHAPITRE IJ. h

sexes de divers lieux de la Vieille Caslille : tous furent enfermés dans les prisons du saint-office. Des exprès furent envoyés en même temps aux frontières vers la France, afin qu'on s'emparât des personnes de ceux qui allaient chercher un refuge à l'étranger : on arrêta ainsi en Navarre don Carlos de Sesso ou Sesse, gentilhomme italien, mais qui avait été eorrégidor de Toro et élait devenu bourgeois de Logroîïo, ainsi que fray Domingo de Rojas, frère de don Pedro Sarmienlo . Un seul de ceux qui étaient en fuite put s'échapper : il venait de s'embarquer sur un bateau frété par un marchand flamand, à Castro-Urdiales , lorsque les alguazils envoyés à sa poursuite y arrivèrent ( ! ). Plus tard, le résultat des informations des juges du saintoffice donna lieu à de nouvelles arrestations.

Rien ne saurait dépeindre l'indignation et la colère de Charles-Quint, quand ou lui annonça que le luthéranisme avait envahi la Caslille, et qu'il y comptait déjà de nombreux adhérents. Lui qui, durant tout son règne, avait poursuivi impitoyablement les doctrines et les sectateurs de Luther partout où il avait pu les atteindre, il était condamné, au déclin de sa vie, à les voir triompher de ses rigueurs, jusqu'en Espagne, et au lieu même où siégeaient le gouvernement et les conseils, où le tribunal suprême du saint-office exerçait une surveillance incessanle! Dès ce moment, il n'eut plus de repos qu'un châliment

(') Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste, t. Il, pp. 401,447, 4*9.

exemplaire ne fût fait de ces hérétiques. Il écrivit lettres sur lettres à la princesse gobernadora, au secrétaire d'État Vazquez, à la reine de Hongrie, au roi son fils; il envoya à Valladolid Luis Quijada, -qui était le dépositaire de toute sa confiance, pour stimuler le zèle de dona Juana, du grand inquisiteur, du conseil d'État, du conseil de Castille, du conseil de la Suprême ('). L'inquisition n'ayant pu^ malgré toute son ardeur, procéder aussi vite qu'il le désirait, il pria son fils, de la manière la plus pressante, dans le codicille qu'il fît quelques jours avant de mourir, et il lui ordonna même, par l'obéissance qu'il lui devait comme à son père, de veiller à ce que les coupables fussent punis avec la dernière sévérité, sans exception aucune, sans qu'il se laissât toucher par nulle supplication, sans avoir d'égard particulier pour qui que ce fût ( 2 ).

Enfin, au mois de mai 1559, les causes des luthériens de la Vieille Castille se trouvèrent instruites et décidées. D'accord avec le roi, l'inquisition jugea qu'il fallait frapper un grand coup, afin de porter l'épouvante dans l'âme de tous ceux qui pourraient être

f 1 ) Charles-Quint, etc., par M. Mignet, pp. 361 et suiv. — Retraite et mort de Charles-Quint, etc., 1. 1, pp. 288, 289, 293, 294, 297, 304, 304, 305, 308; t. H, pp. 386, 410, 46, 435, 444, 443, 447, 456, 464.

( 2 ) « .... Le ruego y encargo, coq toda instancia y vehemencia que puedo y devo, y mando, como padre que tanto lo quiero, y por la obediencia que me deve, teoga desto graudissimo cuidado,... para que los herejes sean oprimidos y castigados con toda la demostracion y rigor, conforme a sus cul pas, y esto sin ecepeion de persona alguna, ni admitir ruegos, ni tener respeto â persona alguna.... » (Sandoval, Historia de Carlos V, t. H, p. 657.)

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