‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 33 sur 170 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Benavente et d'Uruena , les ducs de Nâjera , d'Albe , de Francavilla. les marquis de Villena, de Dénia, del Cenete, dé Mondejar, de Comarès, le maître de Montesa, les deux prieurs de Saint- Jean, de Caslille et de Léon , et une foule d'autres personnages de marque , qui, à la grande satisfaction du prince ('), rivalisaient par la richesse de leurs vêtements , tout étincelants d'or et de pierreries, la beauté de leurs chevaux, le luxe de leurs harnais, de leurs selles, de leurs housses, parmi lesquelles il y en avait dont la valeur était de plus de deux mille ducats ( 2 ). La princesse doîïa Juana venait en litière , après don Carlos , entourée de ses dames ( 3 ). Le roi était à cheval : quatre rois d'armes avec quatre massiers le précédaient , et le comte d'Oropesa , un peu en avant de lui , portait l'épée à l'épaule, qui était découverte. Une attaque de petite vérole obligeait la reine à garder ses appartements ( 4 ).

Le chapitre métropolitain s'était empressé de faire les dispositions nécessaires pour l'imposante cérémonie qui allait s'accomplir. Le chœur de la cathédrale avait été entièrement tendu de brocart. On avait construit, au bas de la nef, une estrade de huit degrés de hauteur et de quarante pieds en carré , couverte d'épais tapis. Au centre de cette estrade, s'élevait,

(') « .... Contentandoal principe, quegustabamuchodello. » (Cabrera.)

(') « .... Avia gualdrapas de dos mil ducados de costa, sin computar valor de piedras.... » (Ibid.)

( 3 ) Joyeuses, dit Cabrera, de ce que les dames françaises de la cour de la reine Elisabeth n'assistaient pas à la cérémonie.

(*) Cabrera, Felipe 11, liv. V, chap. VII, pp. 246 et suiv.

sous un dais , un autel orné de drap d'or frisé ; à la droite de l'autel , était un autre dais sous lequel on avait placé trois fauteuils et trois coussins de drap d'or : le fauteuil du milieu pour le roi, celui de droite pour la princesse, celui de gauche pour le prince. Du côté de la princesse, et à quelque distance, en dehors du dais, il y avait un tabouret pour don Juan d'Autriche.. En face de l'autel , était un fauteuil garni de velours cramoisi, destiné au cardinal-archevêque de Burgos; vis-à-vis de ce fauteuil, une petite table, où l'on voyait le livre des Evangiles ouvert, avec une croix d'or au-dessus; devant la table, un coussin, aussi de velours cramoisi, sur lequel s'agenouilleraient ceux qui devaient prêter serment. Au bas de l'estrade, on avait disposé des bancs — plus ou moins richement garnis, selon la qualité des personnages qui allaient s'y asseoir — pour les ambassadeurs des puissances étrangères, les prélats, les grands, les gentilshommes titrés et les procuradores des villes. Le milieu de la nef était vide ( ! ).

Le cortège étant arrivé à l'église , chacun prit la place qui lui était destinée. Le marquis de Mondejar, comme officier des fiefs, se tint debout, à gauche de la table où était déposé le livre des Évangiles, ayant auprès de lui trois conseillers au conseil royal de Castille, quatre conseillers au conseil royal d'Aragon, les uns et les autres appelés pour servir de témoins à cet acte solennel , les massiers , les rois d'armes et les

( l ) Vandenesse. — Cabrera.

Page 1