‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 4 sur 170 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le ciel sembla d abord vouloir favoriser une union formée sous de si heureux auspices. Philippe avait établi sa résidence à Valladolid; le 8 juillet 1545, à minuit, la princesse y donna le jour à un fils.

Sa délivrance avait été laborieuse, car les douleurs n'avaient pas duré moins de deux jours; mais son étal était tout à fait satisfaisant (*). Philippe s'empressa de dépêcher à l'empereur, pour lui porter cette bonne nouvelle, Ruy Gomez de Silva, son écuyer tranchant, et déjà alors son favori (*).

La joie que répandit dans toute l'Espagne la naissance d'un futur héritier de la monarchie, se changea bientôt en une affliction universelle. Quatre jours après son accouchement, la princesse mourut. Les historiens espagnols ne nous expliquent pas les causes de cette mort inopinée; ils font seulement supposer qu'une imprudence y eut quelque part ( 3 ).

Il est plus aisé de se figurer que de dépeindre la

en elr ostro, y donayre en la risa. Parecia bien â la casta del emperador, y mucho à la cathôlica reyna doua Isabel, su bisabuela. » (Sandoval, liv. XXVI, § 2.) — * Era la princesa muy hermosa , no grande en el cuerpo.... » (Cabrera, Le.)

(*) « La princesa continua- su preûado con salud, hasta que ayer, â medianoebe, plugo à Nuestro Senor alumbrarla con bien de un hijo; y aunque tuvo el parto trabajoso, porque duro cerca de dos dias, ha quedado muy buena.... » (Lettre du prince Philippe à l'empereur, écrite de Valladolid, le 9 juillet 4545, dans la Coleccion de documentes inéditos para la hisloria de Espana, t. XXVI, p. 467.)

(*) Ibid.

( 3 ) A la marge du passage de Sandoval (liv. XXVII, § 4) où cet historien annonce la mort de la princesse, on lit : « Dfxose que muriô de « mudarse la ropa sin tiempo, y otros de corner un limon, estando rezien « paridq. »

douleur où Philippe fut plongé par la mort de sa jeune épouse. Il se retira au monastère de l'Abrojo, près de Valladolid, où il passa trois semaines sans voir personne. Le 2 août, eut lieu le baptême de l'infant., qui fut appelé Carlos, du nom de son aïeul. Ce fut l'évêque de Cartagène (') qui lui administra ce sacrement. Les parrains étaient l'évoque de Léon et don Alejo de Meneses, grand maître de la princesse défunte; la marraine, sa camarera mayor. dofïa Margarita de Mendoza. Philippe rentra à Valladolid le surlendemain de la cérémonie ( 2 ).

Charles-Quint était à Worms, où il avait tenu la diète de l'Empire, lorsque,, le 21 juillet, Ruy Gomea lui apporta la nouvelle de la naissance de son petitfils ; il en éprouva une satisfaction indicible. Le soir même, il voulut que cet événement fut célébré par des feux de joie, et, le lendemain, il fit chanter, dans la chapelle de la cour, une messe, suivie du Te Deum, à laquelle assistèrent le roi des Romains Ferdinand, les archiducs ses fils et le cardinal d'Augsbourg ( 3 ). Le courrier qui devait lui apprendre la mort de la princesse arriva à Worms le 50 ( 4 ). En ce

(tj Cabrera, liv. I, chap. II, fait administrer le baptême à l'infant par le cardinal de Tavera, archevêque de Tolède. Or, ce prélat était mort a veille de la cérémonie, comme nous l'apprend la lettre du 13 août mentionnée à la note suivante.

(*) Lettre du grand commandeur Covos à Charles-Quint, du 43 août 4545, dans la Coleccion de documentes inédites, etc., t. XXVI, p. 469.

(') Journal MS. des voyages de Charles-Quint et de Philippe II, par Vandenesse.

(*) lbid.

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