‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 52 sur 170 · Chapitre v · texte numérisé non relu

Chapitre v

encore, lorsque, dans les premiers jours de juillet, il fît expédier les lettres de convocation des cortès d'Aragon, de Catalogne et de Valence (*).

Son départ et celui du prince pour l'Aragon étaient fixés au 16 août( 2 ). Quelques jours auparavant, don Carlos eut un nouvel accès de fièvre, qui d'abord ne donna pas d'inquiétude, et se dissipa même assez promptement( 3 ) ; mais, quand on croyait le mal passé, et que le prince faisait ses préparatifs de voyage, la fièvre lui revint avec violence ( 4 ).

D'après les dispositions qu'il avait prises, Philippe ne pouvait pas attendre que son fils fût guéri, pour se mettre en route. Il quitta Madrid le 18 août ( 5 ). Il s'arrêta à l'Escurial, où, le jour de Saint-Bernard (20 août), il posa la première pierre ( 6 ) du monastère qu'il avait résolu d'y ériger, en mémoire de la victoire de Saint-Quentin, et auquel, par ce motif, il donna le

(') Lettre de Saint*Sulpice à Charles IX, du 8 juillet 4563.

(*) o Nous nous préparons au voyage de Monçon, estant lepartement pièça déclaré pour le xvi e de ce mois. » (Lettre de Tisnacq à Viglius, du 9 août 4 563.)

p) « Monseigneur nostre prince tomba* ces jours passez, en une fiebvre assez forte et longue pour le premier accès; depuis tourna en tierce : mais présentement il en est quicte.... » (Lettre de Tisnacq à la duchesse de Parme, du 45 août 4563.)

(*) « Monseigneur nostre prince, ores que S. A. avoit esté quelques jours sans fiebvre, est retumbé en l'excès avant-hier, l'ayant heu assez forte pour icelle fois. L'on avoit résolu qu'il partirait aultrement pour le xxvi. » (Lettre du même à la même, du 24 août 4563.)

(') Lettre de Courtewille à la duchesse de Parme, du 49 août 4563. — Lettre de Tisnacq à Viglius, du 24 août.

( 6 ) Sigûenza, Historia delaôrdende San Gerônimo, part. III, liv. III, p. 546.

nom de Saint-Laurent-le-Royal. De l'Escurial il alla au Bois de Ségovie, où il passa aussi quelques jours. Il eonlinua ensuite son chemin par Valladolid et Saragosse.

C'était à Monzon qu'avaient été convoquées les cortès. Monzon était une très-petite ville d'Aragon, « un « trou, » comme l'appelait le secrétaire d'État flamand de Courtewille (*); mais un antique usage voulait qu'elle fût choisie pour la réunion générale des représentants des trois royaumes qui dépendaient de la couronne d'Aragqn. Philippe y arriva le 12 septembre ; le jour suivant, il fit l'ouverture des cortès. Dans le discours qu'il leur adressa, il s'excusa, sur son mariage d'Angleterre, sur la guerre des Pays-Bas, sur la maladie du prince et sa chute, de ce qu'il avait été onze ans sans les réunir, et il leur promit de le faire, dorénavant, aux époques accoutumées; il les pria ensuite d'expédier, avec toute la célérité possible, les affaires dont elles auraient à s'occuper, afin qu'il pût retourner en ses autres pays, où sa présence était nécessaire. Quatre jours après, se fit la proposition sur laquelle les cortès étaient appelées à délibérer : elle avait pour principal objet les subsides ; le roi se promettait de la fidélité et du dévouement de ses peuples d'Aragon qu'ils auraient égard aux besoins près-

( 1 ) « Nous sommes enfin arrivez en ce trou de Monchon, qu'est une petite ville bien mal plaisante, et où nous sommes bien estroitement. » (Lettre de Courtewille à Viglius, du \ 7 octobre h 563.) '

Monzon dépend aujourd'hui de la province de Huesca et de Tévêché de Lerida. Selon le Dictionnaire géographique de M. Madoz, elle compte 486 maisons, 420 chefs de famille et 2,597 habitants.

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